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Geoffrey, grièvement blessé par un tir de flashball: "Ça a gâché la vie de mon fils"

Geoffrey a été blessé par un tir de flashball au cours d'une manifestation en 2010

Geoffrey a été blessé par un tir de flashball au cours d'une manifestation en 2010 - JACK GUEZ / AFP

TEMOIGNAGE RMC - Un policier accusé d'avoir blessé gravement d'un tir de flashball un lycéen de Montreuil (Seine-Saint-Denis) au visage, lors d'une manifestation en 2010, doit être jugé jeudi devant le tribunal correctionnel de Bobigny. La mère de l'adolescent s'est confiée à RMC.

Un fonctionnaire de police âgé de 42 ans comparaît ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour avoir blessé gravement au visage d'un tir de flashball Geoffrey, lycéen de Montreuil (Seine-Saint-Denis), lors d'une manifestation en 2010.

"Il a subi une grave dépression"

Plus précisément, le jeune homme, 16 ans à l'époque, avait été blessé le 14 octobre 2010, en pleine mobilisation des lycéens contre la réforme des retraites, alors qu'il déplaçait une poubelle devant un lycée de Montreuil, pour tenter, avec d'autres élèves, de bloquer l'établissement. Le projectile l'avait atteint en plein visage, lui infligeant notamment des fractures multiples de la face et du nez. De plus, son œil gauche avait pu être sauvé après six interventions chirurgicales.

Mais, quatre ans après les faits, son état de santé n'est toujours pas stabilisé; confie ce jeudi, Corinne, sa mère à RMC. "Geoffrey riait beaucoup et avait beaucoup d'amis autour de lui. Depuis, il n'a plus de relations amoureuses et est quasi-seul", rapporte-t-elle. Et d'ajouter, la voix chargée d'émotion: "Il a subi une grave dépression et physiquement il y a encore une opération envisagée."

"La manifestation était déjà enclenchée"

Les différentes interventions chirurgicales ont laissé d'autres séquelles chez Geoffrey. "Il y a des traces physiques. Ce sont des cicatrices, des plaques en titane vissées sur le squelette du visage qui resteront à vie", atteste la mère du jeune homme dans Bourdin Direct. Et de se montrer encore plus véhémente en estimant que ce tragique événement a "gâché la vie" de son fils notamment "parce qu'il a raté son bac deux fois". Au final, "il s'en veut juste d'avoir été là ce jour-là".

Corinne donne ensuite sa version des faits qui se sont déroulés en 2010. "Geoffrey est arrivé au lycée ce matin-là pour aller en cours, assure-t-elle à RMC. La manifestation était déjà enclenchée. On se demande donc pourquoi il a été pris pour cible". Et de certifier: "Tant que mon fils ne sera pas reconnu comme victime et non pas comme agresseur la page ne pourra pas être tournée".

Maxime Ricard avec Pauline Baduel