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Grande distribution et producteurs: "on nous incitait à utiliser des pesticides"

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REPORTAGE - Face à la grande distribution, certains agriculteurs s'organisent. A Wambrechies dans le Nord, 13 d'entre eux ont ouvert leur propre magasin. Une initiative qui rencontre un franc succès. RMC est allée le constater sur place.

Les agriculteurs sont en crise. Les prix auxquels ils vendent leurs produits sont trop bas, et souvent ils ne leur permettent même pas de couvrir leurs frais. Pour les agriculteurs, les coupables se sont les intermédiaires, et notamment la grande distribution qui pratique des prix trop faibles.

Face à ce problème, certains ont décidé de se passer de ces intermédiaires. A Wambrechies (Nord), près de Lille, 13 agriculteurs se sont réunis pour vendre directement leurs produits aux consommateurs. Des fruits, des légumes, mais aussi du beurre ou des yaourts. Le tout sans passer par la grande distribution donc.

"Beaucoup de travail mais la récompense est là"

A première vue, c’est un magasin d’alimentation comme les autres. Sauf qu’au rayon fruits et légumes, c’est la maraîchère, Danielle qui sert directement les clients: "On ne se contente plus d'être dans nos champs à produire des légumes, on assure aussi toute une partie de tâches administratives en plus de la vente, ça fait beaucoup de travail mais la récompense est là: le magasin tourne bien et les clients sont satisfaits".

Et Caroline, une cliente, ne dit pas le contraire: "J'arrête d'aller en grande surface, je viens ici car je suis contente des produits. C'est de la qualité et c'est moins cher qu'ailleurs. C'est plus humain de venir ici et de donner directement l'argent à ceux qui produisent".

"La grande distribution imposait son prix"

Autre avantage: les agriculteurs peuvent contrôler leur propre production. La grande distribution posait trop de conditions: "C'était un modèle qui ne nous convenait plus tout. On nous incitait à utiliser des engrais chimiques, des pesticides pour répondre à leur qualité. La grande distribution imposait son prix et la quantité à lui fournir. Maintenant, en vente directe, on maîtrise complètement nos produits, on ne vend pas à perte. On travaille avec d'autres maraîchers, éleveurs. Ça permet d'apprendre d'autres façons de travailler, de cultiver. Ça nous fait aller de l'avant", se réjouit Isabelle, maraîchère en légumes bio avec son mari et copropriétaire du magasin.

Un an après l’ouverture du magasin, le chiffre d’affaire est deux fois plus important que prévu et une vingtaine d’emplois ont pu être créés. L’équipe ne compte pas en rester là. En octobre, avec l’ouverture d’un drive, les clients pourront faire leurs courses sur internet.

La rédaction avec VJ