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Grands magasins: les syndicats bloquent tout accord sur le travail du dimanche

Vue des Galeries Lafayette, boulevard Haussmann à Paris.

Vue des Galeries Lafayette, boulevard Haussmann à Paris. - Loic Venance - AFP

Grâce à la loi Macron, les grands magasins parisiens pourront ouvrir le dimanche à partir du 1er janvier prochain. Mais les représentants du personnel, opposés au travail dominical, entendent bloquer les négociations. Reportage RMC au Printemps du boulevard Haussmann.

C'est ce qui s'appelle une épine dans le pied. Alors qu'ils croyaient pouvoir ouvrir le dimanche quasiment toute l'année grâce à la loi Macron, les grands magasins parisiens vont peut-être devoir garder portes closes. La faute… aux syndicats, qui comptent bien laisser les salariés à la maison le dimanche. Le classement, au 1er janvier prochain, des grands magasins en zone touristique internationale (ZTI) est censée leur permettre d'ouvrir jusqu'à 52 dimanches par an, au lieu de cinq jusqu'ici.

Réjouissant après des années de lobbying des dirigeants du Printemps, des Galeries Lafayette (9e arrondissement) et du Bon Marché (dans le 7e arrondissement). Sauf que le gouvernement, au moment de promulguer la loi Macron, a décidé que sans accord des syndicats il n'y aurait pas d'ouverture dominicale, alors que le rapport qui lui avait été remis fin 2013 ne préconisait pas cette possibilité donnée aux représentants du personnel.

"Nous allons bloquer lors des négociations"

Et les syndicats se disent inflexibles sur la question. "Au Printemps, la CGT et FO sont majoritaires donc il n'y aura pas d'accord, prévient Jean-Jacques Liebert, représentant CGT du Printemps du boulevard Haussmann. Nous représentons 40% de l'électorat, nous sommes opposés au travail le dimanche donc nous allons bloquer lors des négociations" avec la direction.

"Les syndicats ont des convictions mais ils vont devoir s'adapter aux réalités", veut croire Claude Boulle, président exécutif de l'Alliance du commerce qui rassemble les dirigeants de ces grandes enseignes. "Les grands magasins ont des clients. Il est urgent d'arrêter ces petits combats. Si les syndicats bloquent tout, ils font perdre des centaines d'emplois. Le travail dominical permettrait de créer de 8.000 à 10.000 postes le dimanche sur Paris", avance le dirigeant.

"Les syndicats vont devoir s'adapter aux réalités"

Et les salariés, qu'en pense-t-il ? RMC a posé la question à Louis, en pleine pause cigarette au pied de l'immense magasin du Printemps. Cela fait cinq ans qu'il y travaille pour gagner le Smic. Il attend beaucoup de la loi Macron et ne comprend pas le blocage des syndicats qui refusent le travail du dimanche. "Les syndicats pensent avant toute chose au bien-être de l'employé, et c'est une bonne chose. Mais le bien-être passe aussi par une compensation financière, hors le travail le dimanche peut être favorable au bien-être des salariés". Car en travaillant ce jour-là, les salariés seront payés double. Pas négligeable quand on est payé au Smic.

Philippe Gril avec Charlotte Peyronnet