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Grève des éboueurs à Marseille: les restaurateurs en ont "ras-le-bol"

Pour la troisième fois depuis le mois de septembre, les éboueurs de Marseille sont à nouveau en grève. Frédéric Jeanjean, secrétaire général UMIH Bouches-du-Rhône, fait part sur RMC du "ras-le-bol" des restaurateurs devant cette situation.

Le bars de fer se poursuit entre les éboueurs et la métropole d'Aix-Marseille. Les poubelles s'amassent sur les voies depuis mardi dernier et se comptent en centaines de tonnes car les éboueurs sont à nouveau en grève pour la troisième fois depuis septembre à l'appel du syndicat Force Ouvrière. En réponse, la préfète de police a annoncé la réquisition d'agents pour ramasser les ordures.

"Chaque jour de grève, 800 à 1.000 tonnes de déchets supplémentaires sont abandonnées sur la voie publique", a précisé la préfecture dans un communiqué, estimant que cette situation représente "une menace pour la salubrité et la sécurité publiques". Une atteinte au "droit constitutionnel de grève", rétorque le syndicat qui demande notamment une prime supplémentaire de 100 euros pour les agents travaillant les dimanches et jours fériés.

Le syndicat souhaite également l'application de l'accord sur la réduction du temps de travail (pour habillage, déshabillage, douche et temps de pause), que n'a pas reconnu la métropole. Cette grève ne concernerait, selon FO, qu'un tiers des agents.

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"L’image de la ville ? Vu que c’est assez récurrent avec FO, ça fait partie de la carte postale"

Pour Frédéric Jeanjean, secrétaire général UMIH Bouches-du-Rhône, propriétaire de la brasserie des Templiers, "c’est une grève incompréhensible". "Il y a eu un accord. Et il y a un syndicat qui a décidé de repartir au conflit, pour des négociations qu’on ne comprend plus, explique-t-il dans 'Apolline Matin' ce lundi sur RMC et RMC Story. Le préfet a dit qu’il fallait réquisitionner. On est dans une situation sanitaire compliquée. Il y a des masques, tout un tas de détritus, qui doivent être ramassés rapidement."

"Il y en a ras-le-bol, lâche Frédéric Jeanjean. On n’est pas dupe, il y a des élections syndicales à la fin de l’année. Ils ont un statut de fonctionnaire, ils sont protégés. Quand beaucoup ont peur de perdre leur boulot, eux ils arrivent et se mettent en grève." Quant à l’image de la ville, "vu que c’est assez récurrent avec FO, ça fait partie de la carte postale", regrette le secrétaire général UMIH.

A Marseille, cette grève des éboueurs s’ajoute au contexte déjà pesant des mesures de lutte contre le Covid, qui pénalisent les restaurateurs. "Les chiffres d’affaires de ventes assises sont de -50% et sur la vente à emporter, -30%. C’est énorme, déplore Frédéric Jeanjean. On entend des dispositifs, mais ça tarde à venir. C’est une situation de fond pour l’ensemble du commerce de détail. Il y aura forcément un impact derrière. Beaucoup d’entreprises ont dit qu’elles prolongeraient le télétravail jusqu’en juin. C’est un effondrement pour le commerce de proximité."