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Grève des transports à Bordeaux: "L'Euro est un moyen de pression comme un autre"

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La circulation des transports en commun est fortement perturbée ce vendredi à Bordeaux, au premier jour de l'Euro de football, par une grève pour de meilleures conditions de travail. Une mobilisation qui devrait s'amplifier samedi, jour de match dans la ville.

A Bordeaux, il y aura grève dans les transports pendant l'Euro. Ainsi, ce vendredi, m circulation des transports en commun était fortement perturbée, au premier jour de l'Euro de football, par une grève pour de meilleures conditions de travail et une prime de 500 euros. Seuls 30% des bus et des trams sont assurés. Même chose samedi pour le premier match de l'Euro à Bordeaux: Pays de Galles/Slovaquie. A noter que le préavis de grève court jusqu'au 10 juillet, soit pendant toute la période de la compétition.

Une position assumée par Jean-Christophe Colombo, secrétaire de la section CFDT: "Nos conditions de travail se dégradent, le matériel est assez vétuste donc l'Euro est un moyen de pression comme un autre, je n'ai pas honte le dire. C'est normal que l'on se serve de cet événement", assure-t-il sur RMC. "Quand on nous reçoit en disant que nous sommes des preneurs d'otages, cela ne nous donne pas réellement envie de lâcher, poursuit-il. Nous n'avons kidnappé personne, nous ne retenons personne et n'avons privé personne de liberté".

"On a à faire à des chasseurs de prime"

Il indique toutefois qu'"un service minimum est quand même prévu, ce qu'on appelle un plan de transport adapté. Donc ceux qui ont des billets pour aller au stade peuvent très bien se déplacer. Ils peuvent prendre une voiture, un vélo… La ville ne tourne pas autour des transports en commun. La preuve, certaine n'en ont pas". En revanche, pour Hervé Lefèvre, directeur général de Kéolis Bordeaux (le réseau de transport), les syndicats sont irresponsables.

"Un bras de fer a été engagé par les syndicats parce qu'il y a l'Euro et en pensant que les pressions seraient telles sur l'entreprise que l'on ne pourrait pas faire autrement que d'accorder une prime exceptionnelle. On a donc à faire à des chasseurs de prime, c'est choquant !", s'emporte-t-il. Et de rappeler: "Nous préparons l'Euro depuis 15 mois. On a investi 1,5 million d'euros pour renforcer la sécurité et l'offre de transport. C'est presque désespérant, avec toute l'implication que nous avons, de voir comment on peut mettre à mal l'image d'une entreprise".

Maxime Ricard avec Romain Poisot