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Grippe aviaire: "Un client sur dix a changé sa consommation", se désole un boucher toulousain

TEMOIGNAGES – Selon le dernier recensement du ministère de l'Agriculture, onze nouveaux foyers de grippe aviaire ont été identifiés dans le Sud-Ouest de la France. Cette épidémie a-t-elle des répercussions dans les commerces qui vendent de la volaille ou du foie gras? RMC a rencontré des professionnels et des consommateurs, lundi après-midi à Toulouse.

Onze nouveaux foyers de grippe aviaire ont été identifiés dans le Sud-Ouest. Ce qui porte à 53 le nombre de foyers recensés par le ministère de l'Agriculture lundi après-midi. Les exploitations principalement touchées se trouvent dans quatre départements (Landes, Gers, Pyrénées-Atlantiques et Hautes-Pyrénées).

Le ministère de l'Agriculture a imposé de nouvelles mesures visant à "assainir les zones de production de volailles" dans une "zone de restriction" englobant toute l'Aquitaine, les départements voisins du Gers, des Hautes-Pyrénées et de la Haute-Vienne, ainsi que quelques communes du Lot et de Charente.

"Certains repartent avec du boeuf ou du veau"

Cette épidémie de grippe aviaire, qui tombe au plus mal au moment des fêtes, a-t-elle des répercussions dans les commerces qui vendent de la volaille ou du foie gras? RMC a rencontré des professionnels et des consommateurs, lundi après-midi à Toulouse. Direction une petite boucherie de la place Jeanne d'Arc.

Là-bas, des clients ont fait part de leurs inquiétudes à Régis Frédérico, leur boucher-traiteur:

"Un client sur dix, chez nous, a changé sa consommation", indique-t-il à RMC. "Pas de foie gras cette année pour eux, du coup, ils partent sur autre chose, comme le bœuf ou le veau".

"On achète du foie gras!"

Mais pour une grande majorité de consommateurs, il n'est pas question de faire l’impasse sur le foie gras pour les fêtes.

"On nous a dit que cela n'était pas contagieux de l'animal à l'homme, donc on le croit", répond cette cliente de la boucherie. "Et donc, on achète du foie gras!" "Je fais confiance", ajoute une jeune femme, venue elle aussi commander un foie gras. "Je ne fais pas une généralité des problèmes d'hygiène qu'il peut y avoir dans certaines régions".

Dans cette boutique, Xavier Sejudo fait passer un seul message à ses clients:

"Nous, on impose à nos éleveurs un cahier des charges", promet-il. "Et on sait ce que l'on fait, ce que l'on travaille, et on connaît les produits que l'on a".

Et pour l’heure, l’épidémie de grippe aviaire n’a pas eu de conséquence sur les ventes de ce commerce, comme le redoutaient Xavier et ses collègues.

C. P. avec Jean-Wilfrid Forquès