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Haine sur Internet: "Dès qu'il y a le mot Israël ou juif, ça devient très virulent"

Aujourd'hui, en cas d'injure à caractère raciste sur le net, les auteurs s'exposent en théorie à des sanctions: jusqu'à 6 mois de prison et 22.500 euros d'amende.

Aujourd'hui, en cas d'injure à caractère raciste sur le net, les auteurs s'exposent en théorie à des sanctions: jusqu'à 6 mois de prison et 22.500 euros d'amende. - J. Brown - AFP

Les Etudiants juifs de France organisaient les Assises de la lutte contre la haine sur Internet, ce dimanche. Malgré des sanctions pouvant aller jusqu'à 6 mois de prison, la haine, et notamment le racisme et l'antisémitisme, prospère sur Internet comme nulle part ailleurs. Une solution: que les hébergeurs et les opérateurs comme Google ou Twitter fassent eux-mêmes le ménage.

Comment lutter contre les propos haineux sur la toile ? La question sera peut-être évoquée ce lundi soir par François Hollande, invité au dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Dimanche, les Etudiants juifs de France organisaient les Assises de la lutte contre la haine sur Internet. L'occasion de pointer les outils à disposition et les mesures à prendre de toute urgence.

"On est des assassins, on tue les enfants"

RMC a rencontré Chagall, étudiante de 22 ans. Comme tous les jeunes de sa génération, elle est hyperconnectée. Tous les jours sur Internet, voilà ce qu'elle lit : "Dès qu'il y a le mot Israël ou juif, ça devient tout de suite très très virulent. On est des assassins, on tue les enfants. Cela a des répercussions sur nous dans la vie de tous les jours. Ce n'est pas possible de tomber sur des propos négationnistes, ça rend fou".

Aujourd'hui, en cas d'injure à caractère raciste sur le net, les auteurs s'exposent en théorie à des sanctions: jusqu'à 6 mois de prison et 22.500 euros d'amende. Mais dans les faits, très peu finissent devant un tribunal. Pour Sabrina Goldman, de la Licra, "ce qu'il y aurait de plus efficace, c'est que les acteurs d'Internet – hébergeurs, prestataires-, coopèrent, et soient responsables. C’est-à-dire que chaque internaute puisse valablement leur signaler des propos illicites".

"Les opérateurs ont su mettre à l'écart les contenus pédopornographiques"

Pour Sacha Reingewirtz, président de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), "il est important avant tout de responsabiliser les opérateurs. Ces opérateurs – Google, Twitter…-, ont su canaliser et mettre à l'écart les contenus pédopornographiques, donc pour les discours de haine il faut faire la même chose. Il faut se retrousser les manches et qu'on travaille tous ensemble".

L'attente est en effet énorme. D'après un sondage publié dimanche dans le JDD, 92% des Français estiment qu'il faudrait bloquer et déréférencer les sites faisant l'apologie du terrorisme, et 89% qu'il faudrait responsabiliser les opérateurs comme Google ou Facebook.

Hausse des signalements à la Licra

L'an dernier, la Licra (Ligue contre le racisme et l'antisémitisme) a reçu plus de 1.700 signalements de contenus haineux sur le net, c'est 25% de plus qu'en 2013.

Philippe Gril avec Juliette Droz