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Hausse de 257% du prix des activités périscolaires à Pézenas (Hérault): "On est au pied du mur"

Les tarifs des activités périscolaires explosent dans certaines villes à la rentrée 2015

Les tarifs des activités périscolaires explosent dans certaines villes à la rentrée 2015 - FRANK PERRY / AFP

REPORTAGE - Dans certaines communes et collectivités locales, le coût des activités périscolaires, prévues dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires, est en forte augmentation pour la rentrée 2015. Exemple à Pézenas (Hérault), ville de 8 000 habitants, où les tarifs explosent : + 257% !

Très chers rythmes scolaires… Entrée en application dans les écoles de France l'an dernier, la réforme des rythmes scolaires continue pour autant de diviser. Et, pour la rentrée qui s'annonce, un nouveau sujet de débat voit le jour: dans certaines communes et collectivités locales, le coût des activités périscolaires est en forte augmentation pour la rentrée 2015.

"L'équivalent d'un salaire à l'année"

Exemple à Pézenas, dans l'l’Hérault. Dans cette ville de 8 000 habitants, les tarifs des activités périscolaires explosent : + 257% ! C'est 300 euros de plus que l'année dernière. Le total des activités s'élève désormais à 1 350 euros par an et par enfant.

La raison d'une telle hausse d'après les élus? La baisse de dotations de l'Etat aux collectivités locales. Or si les communes ont moins de ressources, ce sont les familles qui se retrouvent mises à contribution. Calculette en main, François Boche, le président de la PEEP, l’association de parents d’élèves, parle d’une augmentation spectaculaire: "On passe de 70 centimes d'euros la journée à 2,50 euros. La différence est l'équivalent d'un salaire par an !"

"On n'a pas le choix"

Un montant confirmé par Isabelle: "Si on met nos enfants matin, midi et soir cela représenterait effectivement un salaire à l'année. Ce n'est pas possible pour les familles qui sont déjà en précarité ! Mais si on veut mettre nos enfants dans le privé, c'est trop tard ! On n'a pas le choix. Et pour les enfants dont les parents travaillent, cela va être préjudiciable".

Dans cette commune touchée par un taux de chômage qui flirte avec les 21%, ils sont nombreux à contester cette décision. C’est le cas de Philippe, père d’une petite fille en maternelle: "On est surtout scandalisés par la forme. Apprendre ça au mois de juin alors que tout le monde va partir en vacances et que l'on n'a plus le choix de l'école… On se retrouve au pied du mur". C'est pourquoi, le 28 août, à quelques jours de la rentrée, les parents d'élèves iront protester devant la mairie de la ville.

Jean-Wilfrid Forquès avec Maxime Ricard