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Hausse de la consommation de cannabis chez les jeunes: "Je ne trouve pas ça dangereux"

Selon une étude de l'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publiée mardi, 47,8% des jeunes de 17 ans ont déjà fumé du cannabis. Cette hausse générale s'explique notamment par une recrudescence de la consommation chez les filles.

Le constat est alarmant. L'Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) a publié ce mardi son étude 2014 sur la consommation de cannabis chez les jeunes de 17 ans. Et les conclusions sont inquiétantes. Ainsi, à 17 ans, près d'un jeune Français sur deux a déjà fumé au moins une fois du cannabis (47,8%, contre 41,5% en 2011). De plus 9,2% des jeunes de 17 ans disent en fumer au moins dix fois par mois, contre 6,5% trois ans plus tôt. Ces chiffres mettent fin à onze ans de baisse depuis 2003.

"C'est agréable, ça ouvre l'esprit"

Cette hausse générale s'explique notamment par une recrudescence de la consommation chez les filles. 45,8% d'entre elles disent avoir testé le joint, contre 38,9% en 2011. Rencontrée dans un parc parisien, Inès, 17 ans, l'assume: "Je fume une fois par mois et parmi mes connaissances quasiment tout le monde fume". Elle ajoute: "De temps en temps, c'est agréable, ça ouvre l'esprit." Dans le même parc, quelques bancs plus loin, un groupe de quatre jeunes adolescentes avouent, sans complexe, fumer du cannabis.

"Moi je ne trouve pas ça dangereux. Je n'aime pas qu'on me dise que ce n'est pas bien de fumer. J'ai envie de tester moi-même et si je n'aime pas, je n'en reprends pas", explique l'une d'elles. Sa copine de poursuivre: "On a besoin de vivre par moment". Une autre souligne: "Quand on sera adulte, on ne fera plus ça c'est maintenant qu'il faut le faire".

"L'usage est banalisé"

Peu importe la toxicité, le risque de dépendance ou le décrochage scolaire, le cannabis ne fait plus peur comme le constate Christophe Soullez, le patron de l'Observatoire national de la délinquance: "L'usage de cannabis est aujourd'hui banalisé. Le débat sur la légalisation ou la dépénalisation contribue à alimenter les réflexions sur l'absence de nocivité. Autre élément important: la répression demeure marginale. On n'est presque plus condamné pour usage de cannabis".

Autre explication à cette hausse: le produit est de plus en plus accessible Le marché fonctionne même comme celui d'un produit de consommation classique comme l'explique Christophe Soullez: "C'est devenu une véritable entreprise. Le trafic de cannabis répond à la logique d'un marché économique classique, le marché de l'offre et de la demande. Il y a de la concurrence, des baisses des prix, une adaptation par rapport aux produits, aux voisins, mettre en place des campagnes de marketing pour essayer d'attirer les clients…"

Maxime Ricard avec Thomas Chupin