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Hausse des tarifs de cantine: "600 euros de plus à l'année, ça fait mal"

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- - JEFF PACHOUD / AFP

Dans de nombreuses communes, avec la baisse des dotations de l’Etat, les maires augmentent les tarifs de la cantine pour la prochaine rentrée de septembre. C’est le cas à Sceaux (Hauts-de-Seine), où la mairie fait flamber le prix des cantines.

La rentrée scolaire risque d'être salée pour de nombreux parents. En effet, face à la baisse des dotations d'Etat, nombreux seront les maires qui augmenteront les tarifs des cantines scolaires de leur ville en septembre prochain. Une hausse déjà en vigueur à Sceaux dans les Hauts de Seine, où la mairie fait flamber le prix des cantines. En effet, depuis le 1er janvier, le repas le plus cher (les tarifs sont fixés en fonction du revenu des parents, ndlr) coûte près de 9 euros contre 6,50 euros auparavant. En comparaison, à Paris, les cantines scolaires les plus chères sont à 7 euros.

"Ça commence à faire cher !"

Une hausse qui a du mal à passer auprès des parents comme l'a constaté RMC à l'école primaire des Blagis. Catherine a une fille en CP, qui mange à l'école tous les midis, elle a donc dû revoir son budget cantine. "Deux euros de plus par jour, ça fait huit euros par semaine et 32 euros par mois. Ça commence à faire cher !", calcule-t-elle, très remontée. "On a reçu un courrier en janvier comme quoi il y allait avoir une légère augmentation. Mais j'aimerais bien savoir ce qu'ils appellent 'légère'", ne décolère pas Cheriff dont la fille est, elle aussi, en CP dans cet établissement.

Et d'ajouter: "Peut-être que eux cela ne les dérange pas mais 50 euros par mois vous faites le calcul, ça fait 600 euros en plus à l'année. Ça fait mal ! C'est de l'argent en plus que l'on ne peut pas dépenser ailleurs donc on fait des efforts car il faut bien qu'elle mange à la cantine. Mais on n'a pas le choix".

"On n'a pas d'autre solution que de payer"

"Là où on payait 6,50 euros pour cantine et activité, on paye désormais 8,64 euros pour la même cantine et la même activité. Ce n'est pas normal, ce n'est pas juste, s'emporte Anne, représentante des parents d'élèves. Mais de toute façon, nous n'avons pas le choix: nos enfants vont à la cantine donc on n'a pas d'autre solution que de payer". Face à la colère des parents d'élèves, Philippe Laurent, le maire (UDI) de Sceaux, se justifie: "C'est une mesure de justice parce que les familles les moins aisées ne subissent pas d'augmentation. Il n'y a que les familles les plus aisées. Et nous ne voulons pas ni sacrifier la qualité du service, ni augmenter les impôts locaux".

"Je comprends très bien que l'on ne soit pas content quand il faut payer un peu plus mais que n'aurions-nous entendu si nous avions décidé d'augmenter les impôts locaux?, interroge-t-il. Cela aurait été bien pire car cela aurait touché tout le monde, y compris les familles modestes". En attendant, les parents d'élèves refusent de trinquer pour rééquilibrer le budget de la municipalité et viennent donc de créer le collectif "La cantoche qui vide les poches."

Maxime Ricard avec Anaïs Denet