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Hollande se voit comme un grand réformateur et pense être réélu en 2017

Françoise Fressoz, journaliste politique au Monde invitée ce mercredi d'RMC, a recueilli les confidences de François Hollande. Dans son livre Le stage est fini, le chef de l'État exprime ses regrets sur le début raté du quinquennat et estime qu'il a ses chances pour 2017.

Elle a recueilli les confidences de François Hollande et en a tiré un livre qui sort cette semaine avec un titre plus qu'évocateur : Le stage est fini (éditions Albin Michel). Françoise Fressoz, journaliste politique au Monde, était l'invitée de Jean-Jacques Bourdin ce mercredi. Si elle qualifie de "stage" le début du quinquennat de François Hollande, c'est parce qu'il y a eu "au début un sentiment d'amateurisme". "Les Français l'ont immédiatement perçu puisque François Hollande a perdu sa popularité au bout de trois mois, alors qu'il n'avait pas tant promis que ça pendant sa campagne. Le début du quinquennat est une catastrophe et tout le monde le dit, même Manuel Valls".

"Le début du quinquennat est une catastrophe"

Lors de ses entretiens avec la journaliste, François Hollande a notamment confié ses regrets sur l'abandon de la hausse de la TVA, décidée par Nicolas Sarkozy, et qu'il a jeté aux oubliettes à son arrivée à l'Élysée. Au lieu de quoi, il a décidé une hausse des impôts, ce que les Français ne lui ont jamais pardonné. "A l'été 2013, François Hollande s'aperçoit qu'il a trop augmenté les impôts – son ministre de l'Économie Pierre Moscovici parle alors de ras-le-bol fiscal -, mais le train était lancé. Il a alors parlé de pause fiscale mais il n'a rien pu faire, les impôts ont continué d'augmenter", explique Françoise Fressoz.

"Il avait pourtant promis pendant la campagne que seuls les riches paieraient – on se souvient de la taxe à 75% pour les revenus au-delà du million d'euros, alors que finalement l'accumulation de ces mesures ont fait que des revenus moyens et des électeurs qui n'étaient pas soumis à l'impôt se sont mis à en payer. La cassure avec les Français vient de là. Il a perdu l'électorat populaire et les classes moyennes".

"Il se prépare pour 2017, oui"

Malgré son impopularité record, François Hollande pense sincèrement qu'il peut être réélu en 2017, explique Françoise Fressoz. "Contrairement à Sarkozy, il a une capacité d'analyse de ses erreurs. S'il essaie de corriger le tir aujourd'hui, c'est qu'il se dit 'j'ai encore une chance d'y arriver', notamment si c'est face à Nicolas Sarkozy". "J'ai l'impression qu'il se prépare pour 2017, oui", poursuit la journaliste. "Il pense être réélu. Il se voit comme un grand réformateur. Sur sa relation avec l'opinion, je ne sais pas s'il a conscience du degré de rupture. Mais depuis le début il est persuadé que son impopularité n'est pas la même que Nicolas Sarkozy".

Philippe Gril avec Jean-Jacques Bourdin