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Homs ravagée: "C'était la plus belle ville du monde"

Surnommée "capitale de la révolution", Homs est aujourd'hui contrôlée par le régime de Bachar Al-Assad. La ville est dévastée par les combats qui ont fait rage. Certaines familles sont quand même revenues s'y installer. Notre envoyée spéciale Marie Régnier les a rencontrées.

Pendant deux ans, un déluge de feu s'est abattu sur Homs. Bastion de la révolution syrienne, la ville est aujourd'hui dévastée et contrôlée par le régime. 

Au milieu des ruines, quelques milliers de familles sont quand même revenues s’installer, petit à petit. Quand le bruit des armes s’est arrêté. Au milieu de ces immeubles éventrés, de ces façades brûlées, quelques habitants ont retrouvé le chemin de leur maison. "Un obus est tombé juste devant chez moi. On voit les traces par terre. Ma chambre a été complètement soufflée. Heureusement, on avait déjà quitté la ville", raconte un homme.

Pas un endroit du centre n’a été épargné. Les rues sont jonchées de gravats, les murs qui restent debout sont criblés de balles. Toutes les vitres ont été soufflées par des explosions. "On m’a aidé à installer du plastique devant les fenêtres. Car sinon, il y a des courants d’air, il fait beaucoup trop froid", dit une autre habitante.

Bricoler pour obtenir un peu d'eau et d'électricité

Il faut se débrouiller à tirer des fils pour avoir de l’électricité, bricoler des tuyaux pour retrouver de l’eau. Beaucoup ici ont tout perdu, et ont besoin de l’aide humanitaire. Comme cette vieille dame: "Ils m’ont apporté du boulghour, des pois chiche, de l’huile. De quoi tenir pendant deux semaines à peu près".

Dans la ruelle, on entend des enfants jouent au foot… Une scène impensable il y a deux ans, quand il tombait dans ce quartier des roquettes, sans arrêt. Mais aussi des obus de mortiers. Des bombes. Les tireurs embusqués, eux, se battaient jour et nuit. Jusque dans les maisons.

"Quand je suis revenu, j'ai trouvé le corps d'un sniper"

"Regarde le trou qu’ils ont fait ici dans ma chambre. Ça, c’était un trou pour les snipers. D’ailleurs, quand je suis revenu dans ma maison à la fin des combats, j’ai trouvé le corps d’un sniper, mort, ici, par terre", se remémore Abdul Kader. Il a rebouché les trous des balles dans les murs, a reconstruit les cloisons. Il est un des seuls habitants de la rue à être revenu.

"C’est une ruine chez moi, mais je n’ai pas le choix, je n’ai pas d’argent, je ne peux pas louer autre chose. Je vais la réparer ma maison, je vais y arriver. Je repense à ma ville, avant. Je suis né ici, j’ai toujours vécu ici. C’était la plus belle ville du monde", raconte-t-il encore.

Devant les militaires qui nous accompagnent notre journaliste, Abdel ne dira pas s’il soutient plutôt le régime ou une force d’opposition. Il ne dira pas à qui il veut d’avoir réduit sa ville en miettes. Et préfère s’occuper de son élevage colombes, sur le toit de sa maison.

Ndlr: Comme tous les journalistes travaillant en ce moment à Homs, notre envoyée spéciale a dû obtenir l'autorisation du régime syrien et a été accompagnée sur le terrain par des soldats pour réaliser ce reportage.

La rédaction avec notre envoyée spéciale Marie Régnier