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Hooligans à Marseille, les restaurateurs inquiets: "Plus personne ne vient à Marseille"

Samedi, supporters anglais et russes se sont affrontés sur le Vieux-Port de Marseille.

Samedi, supporters anglais et russes se sont affrontés sur le Vieux-Port de Marseille. - Leon Neal - AFP

Samedi lors des affrontements entre supporters anglais et russes à Marseille, les restaurateurs étaient aux premières loges. Ils ont rencontré dimanche le préfet de police à qui ils ont fait part de leur inquiétude sur la sécurité pour la suite de la compétition.

Chaises qui volent, bouteilles de verre utilisées comme des projectiles, samedi le Vieux-Port de Marseille a été le théâtre d'affrontements violents entre des supporters anglais et russes. Les restaurateurs témoins de ces violences rencontraient dimanche le préfet de police lors d'une réunion sur la sécurité. Des commerçants encore traumatisés, à l'image de Sylvie.

"Les clients se sont faits massacrés alors qu'ils étaient en train de manger. Ils n'avaient rien à voir avec l'histoire. Ca a paru très très long. C'était impressionnant. Les femmes tapaient à la porte, il y avait des gens qui arrivaient de je ne sais trop où, en pleurs, et tapaient à la porte pour les faire rentrer", raconte cette commerçante.

"Ce soir j'ai zéro réservation"

Elle déplore le temps d'intervention des forces de l'ordre qu'elle juge trop long et s'interroge sur la suite. "Il n'y avait pas de sécurité, qu'est-ce qu'on fait dans ces moments-là?", poursuit-elle. La forte alcoolisation des supporters a été mise en cause après ces rixes et Bernard Cazeneuve a annoncé dimanche l'interdiction de la vente d'alcool dans les "périmètres sensibles". A Marseille, les restaurateurs ne sont pas forcément rassurés par cette mesure que va faire appliquer le préfet Laurent Nunez sur le Vieux-Port.

"Cette mesure est une mesure parmi d'autres, explique-t-il. Elle n'a pas vocation à se substituer à l'important dispositif policier qu'on continuera à mettre en place. On avait déjà un dispositif qui était très renforcé, donc on verra comment on articule le dispositif en fonction du risque que nous aurons."

Alors que l'Euro de football devrait profiter aux commerçants, Bernard Marty, secrétaire de l'Union des hôteliers-restaurateurs constate le contraire et demande à ce que désormais aucun risque ne soit pris. "L'urgence du jour c'est d'avoir un message qui rassemble l'ensemble de notre ville. Parce qu'il faut faire revenir la population, plus personne ne vient à Marseille. Moi j'ai un restaurant, ce soir j'ai zéro réservation, dans un mois où justement on devrait en avoir", constate-t-il. 

Les inquiétudes se focalisent désormais sur d'éventuels nouveaux débordements lors du match Ukraine-Pologne qui aura lieu à Marseille le 21 juin, jour de la fête de la musique.

Carole Blanchard avec Lionel Dian