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Hyperactivité: le difficile quotidien des parents face à cette pathologie méconnue

Vers une meilleure prise en charge des enfants hyperactifs

Vers une meilleure prise en charge des enfants hyperactifs - AFP

Alors que la Haute autorité de santé formule ce jeudi, pour la première fois, des recommandations pour mieux repérer et prendre en charge les troubles de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), RMC a recueilli les témoignages de parents dont les enfants sont hyperactifs.

En France, les troubles de l'attention, l'incapacité à se concentrer ou l'hyperactivité sont des problèmes encore méconnus. Pourtant la Haute autorité de la santé (HAS) estime qu'entre 3,5 et 5,6% des enfants scolarisés seraient touchés, soit entre 300.000 et 500.000 enfants, dont une majorité de garçons (environ 2 à 3 garçons pour une fille). C'est pourquoi ce jeudi, pour la première fois, elle a décidé de s'emparer du problème en dressant une série de recommandations à l'intention de ceux qui sont en contact avec les enfants: du généraliste à l'infirmerie de l'école.

"C'est décourageant"

Un soulagement pour les parents car ils ont dû faire face à une véritable errance médicale à ce sujet. C'est le cas de Yannick, père de la petite Meïli qui, enfant, "était une petite tornade". "Dès qu'on était en promenade, c'était un kangourou: elle sautait dans tous les sens, elle ne tenait pas en place. Limite on trouvait cela rassurant", se souvient-il sur RMC. Mais très vite à l'école les ennuis commencent.

"Dès la maternelle, on a reçu des alertes de la part des enseignants. En fait, elle n'arrivait pas à être dans le groupe, à suivre les consignes… Et donc son discours était de dire: 'Je suis nulle'. Quand votre fille de 7 ans vous dit cela, ça fout les boules (sic)", assure-t-il. Alors Yannick et sa femme consultent plusieurs médecins. En vain. "C'est décourageant. Pourtant à chaque fois on se disait que ça allait être bon, qu'on allait pouvoir l'aider". Une errance médicale qui va durer cinq longues années.

Une fois repéré, cela peut être soigné

Sylvie, maman de Julian, 12 ans, un jeune garçon diagnostiqué TDAH (trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité), explique qu'elle aussi a attendu très longtemps avant que le diagnostic ne tombe. "Les premiers questionnements ont eu lieu lorsqu'il avait un an. J'en ai donc parlé à plusieurs reprises à la pédiatre qui m'a orienté vers un professionnel, puis vers un spécialiste qualifié. Au final, le diagnostic a été posé à ses six ans". Or "le temps de trouver ce spécialiste, cela ne fait qu'empirer et les symptômes s'aggravent".

Dans Bourdin Direct, Louis Vera, pédopsychiatre, avance une explication à cette errance: "Les généralistes, les pédiatres, pourtant en première ligne, connaissent très peu cette pathologie". C'est pourquoi, il demande "à ce que la formation médicale soit améliorée à ce niveau-là, mais aussi celle des équipes enseignantes". Car une fois repérée, cette pathologie peut être traitée.

M.Ricard avec J.Droz et A.Manoli