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Ils partent en vacances, leur employeur déménage l'entreprise: "Je suis surpris et choqué"

Capture du site internet de l'entreprise Eurometal ceilings -

Capture du site internet de l'entreprise Eurometal ceilings - - -

Les salariés d'Eurometal Ceilings, usine de faux-plafonds métalliques situé à Normanville, près d'Evreux (Eure), ont découvert par hasard lundi leur que leur patron avait vendu toutes ses machines et son stock. Ce jeudi, les salariés font part de leur consternation.

Un patron ferme son usine en cachette de ses ouvriers. Le dirigeant d'Eurometal Ceilings, une entreprise de faux plafonds située à Normanville, près d'Evreux dans l'Eure, a vendu l'intégralité du stock de matières premières ainsi que les machines sans en avertir ses employés. En effet, à ce moment-là, les quatre salariés de la société étaient en vacances, comme l'a révélé le quotidien Paris-Normandie. C'est seulement lorsque l'un d'entre eux, passant par hasard devant les locaux, a aperçu une grue transportant des machines qu'ils s'en sont aperçus.

Quand il apprend la nouvelle Thierry est alors dans un camping, à 600 km de l'usine. "Je suis en vacances en Bretagne lorsqu'un collègue m'appelle dans l'après-midi. Il me dit qu'il y a des machines devant l'usine, en train de la vider, raconte-t-il encore sous le coup de la colère. Je suis surpris et choqué surtout. C'est un patron qui s'en va comme un voleur mais apparemment il est dans ses droits".

"Un véritable coup de couteau dans le dos"

Ce jeudi, dans l'usine presque vide, les déménageurs chargent les dernières bobines d'acier dans leur camion. Tout cela sous les yeux de David, présent depuis 10 ans dans l'entreprise. "Cela fait un vide… Cela fait tout drôle…", regrette-t-il avant d'ajouter: "Il nous donne un véritable coup de couteau dans le dos". L'entreprise était en difficulté financière et le patron explique qu'il cherchait à vendre depuis longtemps. Il a reçu une offre fin juillet et il a sauté sur l'occasion.

Sans prévenir donc ses quatre salariés avec qui il était en conflit comme le reconnaît David. "L'ambiance tendue c'est lui qui l'a mise. C'est une fois qu'il a repris les rênes de la société qu'il a mis la mauvaise ambiance… Il nous disait bonjour quand il en avait envie, ce n'était vraiment pas le patron sympa". Et celui-ci de s'inquiéter de son avenir: "Je ne sais pas ce qu'il va se passer, comment cela va se passer, les revenus qu'on va avoir… Je ne sais pas… J'ai trois enfants, mon loyer à payer, des dettes sur le dos…"

Léger réconfort pour David et ses collègues: le patron a promis que les salariés seront payés jusqu'à la fin de la procédure de licenciement.

Victor Joanin avec Maxime Ricard