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Immeuble abandonné aux dealers à Compiègne: "les gens avaient quand même peur de venir"

A Compiègne, un bailleur social a décrété l’évacuation des locataires d’un bâtiment occupé par des dealers.

Au Clos-des-Roses à Compiègne (Oise), les dealers sont omniprésents. Excédé par la situation, le bailleur social, l'Opac, a décrété l'évacuation des locataires. Trois cages d'escalier d'un bâtiment sont en cours d'évacuation, et seront murés.

Les déménagements ont débuté le 9 février dernier. Neuf familles, sur les vingt-quatre concernées, ont déjà été relogées. L'opération se poursuivra jusque début mars. Le motif de cette décision d'après l'OPAC, c'est un "risque imminent d'incendie ou d'explosion" dû à la détérioration des réseaux de gaz et d'électricité situés dans les parties communes et le sous-sol de cet immeuble.

Suite à cette décision, le préfet de l'Oise a demandé aux service techniques de GRDF et d'ENEDIS d'effectuer une expertise, les résultats sont tombés et notent l'absence de risque immédiat pour les résidents de l'immeuble. Ils conseillent la réparation des installations détériorées.

Tout juste relogé, Alain 53 ans est très content de son nouvel appartement. Il est plus grand, mais surtout loin des dealers qui squattait le pas de sa porte au Clos-des-Roses. "Les gens avaient quand même peur de venir. Notamment mon fils. Quand vous voyez un gars dans la cage d’escalier avec un masque… On sentait la fumette. Quand j’allais me laver dans la salle de bain, ça sentait. J’habitais là, c’est tout, point finale".

"ils ont toujours été sympas, mais il faut les ignorer. Ça passera très bien"

Alors Alain a dû s'adapter à cette vie au milieu des dealers. Il a même entretenu certains rapports cordiaux: "ils ont toujours été sympas, mais il faut les ignorer. Ça passera très bien".

Des habitants résignés comme Alain, ils sont nombreux au Clos des Roses. C'est ce que dénonce Arnaud Dumontier, président de l'OPAC, le bailleur social. "On en vient à trouver des accommodements avec des délinquants. Puisqu’on ne peut pas lutter contre eux, on se résout à vivre avec eux. Tant que les pouvoirs publics n’assumeront pas leur responsabilité ces trois cages d’escalier seront fermées". Les déménagements des locataires doivent durer jusqu'à début mars

Romain Poisot et Anaïs Bouitcha (avec A.M.)