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Immigration: "Ces millions de personnes ont contribué à faire de la France, une France moderne"

Benjamin Stora était l'invité de Jean-Jacques Bourdin ce lundi

Benjamin Stora était l'invité de Jean-Jacques Bourdin ce lundi - BERTRAND LANGLOIS / AFP

François Hollande se rend ce lundi à 17h à la Cité nationale de l'immigration, porte Dorée à Paris afin d'inaugurer cette institution controversée. A cette occasion, Benjamin Stora, historien et président de ce musée, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin.

Il aura fallu...sept ans ! Sept longues années avant d'inaugurer le Musée national de l'histoire de l'immigration à Paris. A son ouverture en octobre 2007, le président de l'époque, Nicolas Sarkozy y avait renoncé. Mais ce lundi, François Hollande se rend sur place afin de baptiser officiellement cette institution. A cette occasion, le chef de l'Etat devrait prononcer son premier discours officiel sur la question de l'immigration depuis son arrivée à l'Elysée. Et il compte bien marquer sa différence avec son prédécesseur en mettant l’accent sur tout ce que l’immigration à apporter à la France.

Invité de Jean-Jacques Bourdin ce lundi matin, Benjamin Stora, historien et président de ce musée de l'immigration, estime que cette inauguration par François Hollande est un signe très important alors que sur les trois dernières générations 25% de la population française à un parent étranger. Pour lui, il est temps que les "politiques prennent leurs responsabilités et montrent plus ce que l'immigration a représenté dans l'histoire du pays plutôt que d'axer leurs discours sur un mode sécuritaire en permanence qui affole les populations".

"Une nécessité historique"

Benjamin Stora souhaite que l'on "regarde notre histoire en face : la France, tout au long du XXème siècle, a accueilli des millions d'immigrés d'origine italienne, espagnole, portugaise, arabe, arménienne, juive… Et ces millions de personnes ont contribué à faire de la France, une France moderne". Pour autant peut-on parler de "chance pour la France" comme l'indiquent parfois certains politiques?

En tant qu'historien, il explique que "c'est avant tout une nécessité historique à la fois au regard du passé mais aussi de l'avenir car d'un point de vue démographique la France ne peut pas se passer de l'apport de personnes arrivant de l'étranger". Un apport aussi bien quantitatif main d'œuvre) que qualitatif : "On oublie trop souvent ce que les immigrés ont amené d'un point de vue technologique, technique ou artistique. Je pense notamment aux peintres, poètes, philosophes, mathématiciens… bref tous ceux qui ont aussi fait le prestige et la grandeur de la France sur le plan international".

Maxime Ricard avec Jean-Jacques Bourdin