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Indépendance de la Nouvelle-Calédonie: l'inquiétude des "Caldoches"

"Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?": c'est la question à laquelle vont répondre dans une semaine une partie des habitants du Caillou dans un référendum historique qui les divise.

La France à 17.000 km de Paris. Mais jusqu'à quand? "Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?": c'est la question à laquelle vont répondre dans une semaine une partie des habitants du Caillou dans un référendum historique qui les divise. 

A Nouméa, l'échéance prévue le 4 novembre, est peu visible: seuls quelques panneaux d'affichage officiel témoignent de l'enjeu à venir, dans une campagne qui jusqu'alors se déroule dans un climat apaisé.

Ce référendum, prévu depuis 30 ans, et les accords de Matignon en 1988 qui ont mis au conflit civil qui a opposé pendant 4 ans les Caldoches et les kanaks. Tous les sondages ont jusqu’à présent donné le "non" largement victorieux ce dimanche. Pourtant, chez certaines "Caldoches", les descendants d’européens, l'inquiétude est réelle. 

"On a peur d’être chassés"

Comme chez Carol et Mariella qui vivent à Bourail, une petite ville à 150 km au nord de Nouméa. Ils vivent dans la Brousse, comme les Calédoniens le disent: des terres d’élevage à perte de vue et des fermiers de générations en générations. 

C’est ici qu’est né Carol, que se sont installés ses parents, il y a près de 60 ans. Une terre qu’il craint de perdre si jamais la Nouvelle-Calédonie devenait indépendante: "On a peur de ne plus conserver nos droits de propriété. D’être chassés carrément. Mes parents ont acheté cette terre, on ne la pas volé, on ne l'a prise à personne. Si demain, je n’ai plus ça, je n’ai rien d’autre" raconte-t-il devant ses vaches.

Dans la petite maison qu’il a construite pour lui et sa femme, pas de drapeau français, comme on peut le voir ailleurs. Carol et Mariella ne sont allés que deux fois en métropole, se sentent avant tout Calédoniens. La France, ce sont leurs origines, certes, mais surtout, une protection. "On sait ce qu'on perd s'il y a l'indépendance. Mais on ne sait pas ce qu'on va retrouver. La France nous offre beaucoup d'avantages: l'enseignement, on peut voyager partout, la liberté" sourit Mariella sur son canapé. 

"J’espère que je ne connaîtrai jamais l'indépendance de mon vivant"

Ce confort de vie, cette sécurité économique, ces Caldoches refusent de les voir disparaître. Et ne comprennent pas vraiment le désir de souveraineté du peuple kanak:

"Culturellement, ils ont été reconnu les kanak. C’est très bien et c'est normal. Mais faire un saut dans l'inconnu... Si c'est pour faire un pas de 40 ans en arrière socialement, ça sert à quoi?"

Carol et sa femme veulent faire confiance aux sondages, qui donne le non largement en tête ce dimanche. Cette indépendance, conclut Carol, "j’espère que je ne la connaîtrai jamais de mon vivant".

Marie Régnier & XA