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INFO RMC - Dépakine: le laboratoire Sanofi attaqué en justice par plus de 250 familles

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Administré à des femmes enceintes, l'antiépileptique à base de valproate fait courir des risques de malformations congénitales aux futurs enfants. C'est pourquoi, selon nos informations, six plaintes au pénal sont en cours, 10 procédures civiles sont lancées et 250 nouvelles familles préparent leur plainte pour saisir la justice dans les mois à venir.

Le Dépakine synonyme de nouveau scandale sanitaire en France? L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a alerté mercredi sur les risques liés à la prise par les femmes enceintes d'un médicament antiépileptique, le valproate, commercialisé à l'origine sous le nom de Dépakine, cause probable de malformations chez "plusieurs centaines" d'enfants en Europe.

Ce médicament (du laboratoire Sanofi), qui a démontré son efficacité dans le traitement de l'épilepsie et des troubles bipolaires, est toujours en vente car il est jugé indispensable pour les malades. 80.000 personnes sont en moyenne traitées chaque année dans l'Hexagone avec cette molécule. Mais le Dépakine peut provoquer des effets indésirables graves chez les femmes enceintes :

- risque de malformation physique de l'enfant : 10% (3 à 4 fois supérieur à la normale).

- risque de troubles du développement, type autisme : 30 à 40%.

- 1 chance sur 2 que l'enfant présente des troubles neuro-développementaux.

"C'est inacceptable"

Problème : depuis près de 50 ans (1967), il continue à être prescrit même à des femmes enceintes et malgré les risques avérés. C'est pourquoi une enquête concernant ce médicament a récemment été ouverte par le parquet de Paris. Mais aujourd'hui cela va plus loin. En effet, selon nos informations, six plaintes au pénal contre le laboratoire Sanofi sont en cours, 10 procédures civiles sont lancées et 250 nouvelles familles préparent leur plainte pour saisir la justice dans les mois à venir.

"Le laboratoire Sanofi refuse d'assumer individuellement sa responsabilité et de prendre en charge les victimes de son produit. C'est inacceptable", dénonce sur RMC maître Charles-Joseph Oudin, l'avocat de plus de 250 victimes du médicament. Et d'ajouter que "sur les 250 familles, généralement 2 ou 3 enfants présentent des malformations en lien avec la Dépakine. Et ce n'est pas fini car nous avons l'intuition qu'en réalité des milliers d'enfants sont concernés". En attendant, l'ANSM a décidé de durcir les conditions de prescription à partir de janvier 2016: formulaire signé par les malades, les risques doivent figurer sur l'emballage du médicament...

Maxime Ricard avec Romain Poisot