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Du "gin très très fort" ou de la "vodka confisquée": faute de gel hydroalcoolique, certains pays s'organisent

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En Pologne ou en Irlande, les autorités ou des entreprises modifient leurs habitudes pour affronter l'épidémie de coronavirus.

En Pologne, près d'un demi-million de litres de vodka de contrebande et d'alcool pur produit illégalement pourront être utilisés comme désinfectant dans la lutte contre le coronavirus, a annoncé vendredi le parquet national.

Les services des douanes et du fisc gardent au moins 430.000 litres de vodka et d'alcool pur, frelaté ou non, qui ont été soit saisis pour servir de preuves dans des procédures judiciaires, soit confisqués à la suite de ces procédures.

Au lieu d'être détruits, plusieurs milliers de litres ont d'ores et déjà été remis aux services intéressés pour servir à la désinfection de bâtiments, de locaux et de moyens de transport. Ainsi, les pompiers d'Olsztyn, dans le nord-est de la Pologne, ont reçu 1.000 litres d'alcool pur, tandis que trois hôpitaux, deux à Olsztyn et un à Elblag, en ont reçu au total 2.500 litres.

Des distilleries clandestines, artisanales ou industrielles, sont fréquemment démantelées en Pologne, notamment dans le nord-est du pays. Elles produisent du "bimber", une vodka artisanale populaire dans les campagnes et nettement moins coûteuse que leur équivalent produit légalement.

"On déconseille absolument de le boire" 

En Irlande, pas d'alcool frelaté, mais des distilleries qui participent à l'effort en modifiant ces recettes. Ainsi, chez Listoke, au nord de Dublin, les alambics à gin servent désormais pour produire du désinfectant pour les mains. "En fait on utilise les mêmes ingrédients, on pourrait dire que c'est un gin très très fort", expliquait à l'AFP la directrice générale et co-fondatrice Bronagh Conlon.

A l'origine, le personnel de la distillerie et de cette école du gin à Tenure, à 60 kilomètres au nord de la capitale irlandaise, avait commencé à produire, à usage interne, son propre gel avec 64% d'alcool, avec les mêmes genièvres que leur gin artisanal. Mais face à la propagation du Covid-19, l'entreprise a commencé à vendre des bouteilles au public pour 10 euros et à en donner aux associations qui s'occupent des sans-abris.

Selon le responsable, la distillerie a vendu 2.000 litres, soit 3.500 à 4.000 bouteilles de leur produit depuis le début de la commercialisation samedi, un apport précieux dans la lutte contre le virus. Précision de la direction: "On déconseille absolument de le boire"...

La rédaction de RMC (avec AFP)