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La collision n'a pas eu lieu: deux satellites se sont frôlés à plus de 54.000 km/h

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L'armée américaine craignait la collision au-dessus de la ville de Pittsburgh.

Un télescope spatial lancé en 1983 et un satellite expérimental américain de 1967, tous deux hors service, se sont croisés à quelques dizaines de mètres mercredi mais ont évité une collision qui aurait pu créer des milliers de débris, selon l'armée américaine.

Chaque satellite volait dans des orbites opposées et ils risquaient de se percuter frontalement, avec une vitesse relative de près de 15 kilomètres par seconde, soit 54.000 km/h. Mais à l'heure dite, mercredi à 23H39 GMT, à 900 km au-dessus de la ville de Pittsburgh, aucun flash de lumière n'a été observé par les astronomes. Le commandement spatial américain a confirmé que les deux engins "s'étaient croisés sans incident".

Un ingénieur du Centre d'astrophysique Harvard-Smithsonian, Jan Kansky, a publié sur Twitter une vidéo filmée à l'aide d'un télescope et montrant le télescope spatial, IRAS, passant sans dommage le point d'impact prévu avec le satellite. "A priori, il semble qu'IRAS ait survécu", a tweeté son collègue l'astronome Jonathan McDowell, qui était monté sur le toit de l'observatoire du Centre.

La société de surveillance spatiale AGI a également écrit: "Heureusement, les premières indications sont que IRAS et GGSE 4 se sont croisés sans dommage ce soir".

Ce type de collisions entre des satellites que plus personne ne contrôle sont rares et dangereuses car elles peuvent créer des milliers de fragments qui risquent de détruire ou d'endommager des satellites actifs. En 2009, quand le satellite de communication Iridium 33 (actif) et le satellite militaire russe hors service Cosmos 2251 se sont heurtés, un millier de fragments de plus de 10 cm ont été propulsés, polluant les orbites.

Les opérateurs doivent constamment calculer le risque de collision avec les plus de 26.000 objets catalogués en orbite terrestre, et régulièrement dévier leur trajectoire, ce qui n'est plus possible quand un satellite est mort. 

La rédaction de RMC (avec AFP)