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Polémique autour de la création d’un monument dédié aux "animaux morts pour la France" à Paris

Un hommage pour tous les animaux réquisitionnés. L’association Paris Animaux Zoopolis vient d’obtenir gain de cause auprès de la mairie de Paris: il y aura un projet d’un monument aux animaux morts au cours des deux guerres mondiales. Et ça fait débat sur RMC.

Les chevaux, chiens, pigeons martyrs des dernières Guerres mondiales auront leur monument à Paris... C'était une demande d'associations de défense des animaux, ériger un monument en mémoire des animaux morts pour la France.

Réquisitionnés pour porter, tirer, guetter, secourir ou informer: ces vaches sur les plages du débarquement, ces chiens dans les maquis de résistants lors de la Seconde guerre mondiale, mais aussi ces 11 millions d’animaux morts au combat lors de la Première.

En cette année du centenaire de la fin de la Première guerre mondiale, la mairie de Paris en a accepté le principe: une stèle saluant le courage de quelques 11 millions d'animaux.

"Un monument pour avoir conscience de leur intelligence, du rôle qu'ils ont joué"

La porte-parole de Paris Animaux Zoopolis, Amandine Sanvisens, souhaite ainsi qu’aucun animal ne soit oublié:

"Par exemple, les ânes, grâce à leur petite taille allaient dans les tranchées et amenaient le pain mais aussi les munitions aux poilus. Les chevaux tractaient l'artillerie lourde et les pigeons transportaient des messages urgents pour l'armée française... Aujourd'hui on fait un travail de mémoire sur la Première guerre mondiale et on a tendance à oublier les animaux de guerre. Ce monument permet aussi d'avoir conscience de leur intelligence, du rôle qu'ils ont joué, de mieux les considérer et de faire un pont avec le présent".

D'abord réticente, la mairie de Paris a finalement accepté l'idée, après plus d’un an qu’associations et élus le réclamaient, grâce au soutien du projet par la principale association du souvenir des soldats morts pour la France, le Souvenir Français.

"Pas au même niveau que les humains"

Reste à déterminer le lieux parisien et la forme que pourrait prendre l'hommage. Mais Catherine Vieu-Charrier, adjointe chargée des lieux de mémoire à Paris, prévient: elle ne veut pas que cet hommage aux animaux prenne le dessus sur le reste des célébrations. 

"C'est très bien que l'on fasse un monument aux morts des animaux. Mais il y a d'abord celui des humains, et ensuite, on verra pour les animaux. Il y a une différence notable entre les humains qui sont porteur de civilisations et de valeurs et les animaux. Le monument que nous allons inaugurer avec les 95.000 noms de jeunes gens qui sont partis se faire tuer entre 1914 et 1918, et qui étaient des Parisiens, je ne le mets pas au même niveau. Je m'excuse" se justifie-t-elle sur RMC.

Des monuments aux animaux morts existent déjà à Ottawa, Canberra ou encore à Londres où un mémorial a été érigé en 2004. Sur la stèle, on peut ainsi lire: "A tous les animaux qui ont servi et sont morts dans les guerres et campagnes de tous les temps. Ils n’avaient pas le choix".

Matthieu Rouault & X.A