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Interdiction de la fessée: "Il faut faire évoluer la société"

Laurence Rossignol a relancé le débat sur la fessée

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A la veille de la journée internationale des droits de l'enfant, Laurence Rossignol était ce mercredi matin l'invitée de Jean-Jacques Bourdin sur RMC. La secrétaire d'Etat en charge de la Famille a notamment relancé le débat sur l'interdiction de la fessée.

40% des parents déclarent donner des fessées ou des claques à leurs enfants. C'est ce que révèle un sondage réalisé par l'observatoire "Approuvé par les familles". Pour la grande majorité, ce n'est que de temps en temps. Mais "de temps en temps", c'est encore trop, de l'avis des professionnels de l'enfance, qui estiment que le châtiment corporel n'est pas une méthode éducative. En 2009 et en 2010, Edwige Antier, pédiatre et ancienne députée UMP, avait déposé une proposition de loi pour interdire la fessée. En vain. Mais à la veille de la journée internationale des droits de l'enfant, Laurence Rossignol relance le débat.

"Il faut sortir le sujet de l'ombre"

Alors que 18 pays membres de l’Union européenne ont déjà interdit les châtiments corporels, la secrétaire d'Etat chargée de la Famille concède "qu'il y a une exception française dont on n'est pas particulièrement fier". C'est pourquoi elle demande ce mercredi matin sur RMC "à ce que nous nous interrogions sur la place de ces châtiments corporels dans l'éducation et sur les conséquences pour les enfants. Il faut que ce sujet ne soit pas un non-sujet". Elle ajoute : "Il faut sortir le sujet de l'ombre comme nous l'avons fait par le passé avec les thèmes de la maltraitance et de la violence envers les femmes".

Dans Bourdin Direct, Laurence Rossignol, qui se dit "pour une éducation sans violence", dresse le constat suivant ; "Dans notre société, si deux individus se battent probablement que l'on va intervenir. Si un homme bat sa femme, on va intervenir. Si quelqu'un brutalise un animal, on va intervenir. Mais si un père ou une mère pose la main sur son enfant, pas grand monde ne va intervenir alors que c'est l'être humain le plus fragile".

"Je ne crois pas que les comportements évoluent à coup de code pénal"

Si elle estime que "la fessée est un acte violent", pour autant la secrétaire d'Etat en charge de la Famille considère que "le parent qui donne cette fessée n'est pas un parent maltraitant". Mais faut-il légiférer à ce sujet et interdire la fessée ? "Il faut d'abord faire évoluer la société car la société fait changer la loi et rarement l'inverse, assure Laurence Rossignol. Et à un moment donné, si c'est nécessaire, la loi pourra être changée."

En clair, "pour l'instant nous n'interdisons pas mais nous ouvrons le débat car je n'exclus pas que la société se saisisse du problème et que la loi devienne le prolongement normal du débat. Mais je ne crois pas que les comportements évoluent à coup de code pénal, je ne pense pas que cela soit comme ça que ça marche". Le temps est à la réflexion et la secrétaire d'Etat assure d'ailleurs qu'un colloque sur "l'éducation sans violence" se tiendra au mois de janvier prochain.


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Maxime Ricard avec Jean-Jacques Bourdin