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153 morts dans un mouvement de foule à Séoul: les raisons du drame

Plus de 150 personnes sont mortes dans un mouvement de foule samedi soir à Séoul (Corée du Sud). Parmi les victimes, beaucoup de jeunes et de femmes. Déplorant "une tragédie et un désastre qui n'auraient pas dû se produire", le président coréen a décrété un deuil national.

Drame à Séoul, samedi soir. 153 personnes sont mortes dont un Français et 134 ont été blessées, après un mouvement de foule lors des célébrations de Halloween dans le quartier d'Itaewon.

Et si le bilan a été si lourd, c’est d’abord parce qu’il y avait trop de monde dans les rues. 100.000 personnes selon les premières estimations. Les commerçants du quartier affirment n'avoir jamais vu autant de gens rassemblés.

Il suffit de voir les vidéos pour le comprendre. On y voit une foule hyper compacte, où les personnes rassemblées se laissent surtout porter par la foule et ne peuvent que difficilement décider de là où elles vont. C'était la première fête d'Halloween à Séoul après deux ans de restrictions dues au Covid.

Beaucoup de monde, beaucoup de jeunes, des ados pour qui c'était le premier grand rassemblement festif et qui n'ont pas encore les bons réflexes dans ce type de situation, à savoir comment se comporter dans une foule de dizaines de milliers de personnes.

Plein de petites ruelles très étroites

La plupart des victimes décédées samedi soir étaient très jeunes, une vingtaine d'années, et il y a aussi beaucoup de femmes parmi les victimes. Souvent plus petites, elles avaient encore plus de mal à s'extraire de la foule et sont mortes asphyxiées.

Un problème aussi quand on voit le quartier où se sont déroulées les célébrations. En effet, le quartier d'Itaewon, c'est le quartier de la nuit, de la fête. Il y a des bars, des boîtes de nuit, c'est là où la jeunesse se retrouve, c'est très cosmopolite. Itaewon, c'est une grande artère et de plein de petites ruelles très étroites, et en pente très raide, qui débouchent sur cette grande avenue.

Et c'est là que tout va commencer. Dans une petite ruelle de quatre mètres de large, un premier mouvement de foule, les gens de derrière qui poussent ceux de devant, qui tombent, et qui font tomber ceux de derrière, etc. Un “effet domino” qui va avoir des conséquences dévastatrices sur cette foule très compacte. Les gens vont commencer à tomber, à perdre connaissance, d'autres vont paniquer. C'est le début de la tragédie, les victimes vont s'étouffer, se faire piétiner, mourir asphyxiées.

Trop peu de forces de l'ordre

Les forces de police n'étaient sûrement pas assez nombreuses. Dans des documents publiés deux jours avant le drame, la police avait indiqué qu'elle comptait déployer seulement 200 agents à Itaewon. 200 agents pour encadrer, contrôler, diriger 100.000 personnes. Beaucoup de policiers étaient mobilisés pour encadrer des manifestations dans une autre partie de la ville.

Les services de secours sont apparus débordés car il était compliqué d'arriver jusqu'aux victimes, avec des rues si bondées. Et puis les victimes étaient très nombreuses, près de 300. Si bien que ce sont des passants, souvent qui ont fait les massages cardiaques, à même le sol. Ça fait partie des images terribles de ce samedi soir à Séoul.

Enfin, il y a aussi peut-être les commerçants qui auraient pu se préparer davantage. Des témoins expliquent que certains ont refusé que des gens se réfugient dans leurs boutiques parce qu'ils avaient déjà fermé.

Sur les réseaux sociaux, Twitter a dû exhorter les internautes à arrêter de partager des images choquantes de la catastrophe. Des témoignages font état de personnes qui filmaient plutôt que de porter assistance aux blessés. Le président sud-coréen a promis dimanche une enquête "rigoureuse". Tous les événements nationaux sont annulés jusqu'à samedi prochain en Corée du Sud.

Rémi Ink