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Au pouvoir depuis dix ans aux Pays-Bas, comment le "gendre idéal" Mark Rutte continue de séduire les Hollandais

LE PORTRAIT DE POINCA - Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, vient d'être reconduit pour un nouveau mandat. C’est sans doute le plus modeste des chefs de gouvernement européen.

Les Hollandais l'appellent le premier ministre Téflon parce qu'il résiste à toutes les crises sans accrocher, comme une poêle en Téflon. Il est au pouvoir depuis 10 ans. A la tête de son parti de centre droit, dirigeant tantôt avec la gauche tantôt avec la droite, mais jamais avec l'extrême droite.

En janvier, il avait dû démissionner après un scandale de détournement d'allocations familiales par des centaines de parents peu scrupuleux. Il n’y était strictement pour rien mais son gouvernement n’avait pas empêché le scandale et il a donc préféré retourner devant les électeurs pour vérifier que la confiance était toujours là.

Et de fait mardi, les Hollandais l’ont reconduit. La reine Beatrix l’a chargé de former le prochain gouvernement et il a précisé qu’il se sentait l'énergie pour poursuivre encore dix ans.

Souriant, élégant, bien élevé, célibataire

Mark Rutte, c’est le gendre idéal. Souriant, élégant, bien élevé. Sauf qu’il n’est le gendre de personne. A 54 ans, c’est un éternel célibataire. Jusqu’a l’année dernière, il rendait visite tous les dimanches à sa vieille maman de 97 ans. Aujourd’hui elle n’est plus là.

Depuis 10 ans, il refuse d’habiter dans la résidence des Premiers ministres. Il a gardé son petit appartement dans le centre de la Haye. Il n’a jamais voulu non plus être protégé par des gardes du corps. Jamais quelque soit les circonstances, même quand le pays est agité par de violentes manifestations anti-confinement.

Il se déplace depuis toujours à vélo. Il fait ses courses le vendredi soir au supermarché. Une fois par semaine, bénévolement il donne deux heures de cours d’histoire dans un collège où étudie une majorité d'élèves issue de l’immigration.

Il y a trois ans, un matin de bonne heure, au parlement, en passant un portique de sécurité, il avait renversé son gobelet de café. Sans s’énerver et sans réfléchir, il s’était dirigé vers une femme de ménage et il lui avait pris son balaie serpillère. Il avait ensuite consciencieusement nettoyé jusqu'à ce qu’il ne reste plus une trace. Les femmes de ménage s’étaient rassemblées pour voir ça. Elles étaient hilares et avaient fini par applaudir.

On peut trouver ça démago. Mais moi j’aime beaucoup. Peut-être parce que je n'ai jamais vu un Premier ministre français passer la serpillière.

Nicolas Poincaré (avec J.A.)