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"Bâtards, fils des chiennes": le tweet d'un responsable turc contre Charlie Hebdo signalé à la justice

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Le ministre délégué à la Culture a ainsi réagit à la nouvelle une de l'hebdomadaire satirique caricaturant le président Erdogan.

Le Délégué interministériel à la lutte contre le racisme (Dilcrah) a annoncé mercredi à l'AFP avoir saisi la justice du tweet d'un responsable turc qualifiant Charlie Hebdo, dont la dernière une se moque du président Recep Tayyip Erdogan, de "bâtards".

Dans un tweet publié mardi soir, le ministre délégué turc à la Culture, Serdar Cam, écrit en français: "@Charlie_Hebdo_ Vous êtes des bâtards.. Vous êtes des fils des chiennes...". Ce message n'est actuellement plus disponible sur le réseau social en France. 

"Il y a quelque chose d'indécent dans le contexte actuel marqué et par le procès des attentats de Charlie Hebdo et par la tragédie de l'assassinat de Samuel Paty à mettre de l'huile sur le feu en menaçant la rédaction de Charlie", a expliqué Frédéric Potier à l'AFP. 

Le journal satirique a publié mardi soir sur les réseaux sociaux la "une" de son édition de mercredi, sur laquelle on voit M. Erdogan, en T-shirt et sous-vêtements, en train de boire une bière et de soulever la jupe d'une femme portant le voile, dévoilant ainsi ses fesses nues. Sur fond de vives tensions entre Paris et Ankara, ce dessin a fait bondir en Turquie, qui a évoqué un "racisme culturel" et menacé la France de représailles "judiciaire et diplomatique".

Le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT a par ailleurs directement interpellé Twitter. Le message "nauséabond de ce haut dignitaire turc est-il conforme à vos conditions d'utilisation ? La @DILCRAH saisira la justice de son côté. Nous ne cèderons rien à ces tentatives d'intimidation. #toujoursCharlie", a-t-il tweeté.

"Cela pose la question de la responsabilité des réseaux sociaux", a-t-il précisé à l'AFP, "puisque là, ces insultes sont diffusées sur Twitter, qui dans ses propres règles d'utilisation prohibe le harcèlement et les comportements manifestement illicites. J'appelle aimablement et fermement Twitter à faire respecter ses propres règles". 
La rédaction de RMC (avec AFP)