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Benoît XVI est mort

Le pape émérite Benoit XVI le 14 février 2015.

Le pape émérite Benoit XVI le 14 février 2015. - ANDREAS SOLARO / AFP

Pape de 2005 jusqu'à sa démission en 2013, Benoît XVI est décédé, ce samedi, à Rome, à l'âge de 95 ans.

Le monde catholique perd un Pape. Le prédécesseur de François, Benoît XVI, s'est éteint ce samedi à Rome, à l'âge de 81 ans. Élu le 19 avril 2005, après la mort de Jean-Paul II, il est devenu en 2013 le premier Pape à renoncer à son pontificat depuis le XVe siècle et la démission de Grégoire XII.

Né le 16 avril 1927 à Marktl, en Allemagne, Joseph Aloisius Ratzinger, de son vrai nom, a fait partie des jeunesses hitlétriennes lors de sa jeunesse, de manière "contraite et forcée", dit-il. Il a d'abord enseigné la théologie pendant 25 ans, à partir de 1958, dans plusieurs villes d'Allemagne. Participant au concile Vatican II en tant que théologien, il devient archevêque de Munich en 1977, puis le gardien de la doctrine catholique – ou préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi - à partir de 1981.

Un Pape conservateur

Doyen du collège des cardinaux dès 2002, le conclave du 18 et 19 avril 2005, qui se réunit après le décès, le 2 avril 2005, de Jean-Paul II, le choisit comme Pape au quatrième tour de scrutin, après l'avoir largement mis en tête aux trois tours précédents, par 84 voix contre 26 pour le deuxième du scrutin, le Cardinal Jorge Mario Bergoglio, qui deviendra son successeur huit ans après sous le nom de François.

Le cardinal Ratzinger choisit alors le nom de Benoît XVI, en hommage au Pape Benoît XV, souverain pontife pendant la première guerre mondiale, et au fondateur de l'ordre de bénédictins, Benoît de Nursie. Dans un style radicalement différent de son prédécesseur, Benoît XVI, chevelure blanche et regard bleu perçant, aura été un Pape à tendance conservateur. La Congrégation pour la doctrine de la foi, est l'héritière directe de l'Inquisition. Dès lors, il n'est pas étonnant de voir Benoit XVI refuser la communion des divorcés remariés, l'ordination des femmes ou le mariage de prêtres. Ses propos sur l'Islam ou le préservatif feront polémique

Son pontificat est aussi marqué par les affaires de pédophilie, en Irlande, en Allemagne ou aux Etats Unis. Il est ainsi le premier Pape à présenter des excuses publiques et surtout à condamner le silence complice de certains évêques. De plus, la publication de documents secrets par la presse italienne, montant la gestion occulte de la banque du Vatican, les soupçons de corruption ou les violentes luttes de pouvoir au sein de la Curie, le gouvernement du Vatican. C'est le scandale du Vatileaks.

Un Pape qui renonce à sa charge

Le 11 février 2013, il annonce sa renonciation dans une assemblée de cardinaux, indiquant qu'elle prendra effet le 28 février qui suit, à 20 heures. Il justifie sa décision par sa santé chancelante, sa "vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie d’une telle manière que (je) dois reconnaître (mon) incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié." Si sa santé est, selon lui, au cœur de cette décision, plusieurs médias font état que l'affaire Vatileaks a pesé dans la balance de sa démission, son autorité étant fortement ébranlée.

À 85 ans, celui qui devient au lendemain de sa démission Pape Emérite se retire dans le monastère Mater Ecclesiae, au sein même du Vatican, coupé du monde, entouré de rosiers et de vignes. Le plus clair de son temps, il lisait des livres et échangeait via des correspondances écrites. Il n'est alors apparu publiquement que très sporadiquement, réservant sa présence aux grands événements comme la messe de canonisation de Jean-Paul II, qu'il avait béatifié en 2011, et de Jean XXIII.

https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez Journaliste RMC