RMC

Bloqués à la frontière greco-turque, certains choisissent de rentrer à Istanbul

-

- - -

De nombreuses personnes tentent toujours de rentrer en Grèce depuis que la Turquie a prévenu qu'elle les laisserait passer. Mais le seul moyen est de passer illégalement et la tâche est de plus en plus difficile. Alors certains renoncent.

Face aux difficultés, certains migrants ont décidé de renoncer c'est le cas de Moussa, arrivé à Istanbul pour travailler il y a 3 mois, et qui a décidé de tenter sa chance et franchir la frontière après les annonces du président Erdogan.

L'étudiant nigérien de 28 ans est assis par terre devant les barbelés de la gare routière d’Edirne sans chaussure, des vêtements secs sur le dos, offerts par des bénévoles : "J’ai tenté deux fois de rentrer en Grèce". En pleine nuit, par le fleuve Evros. Deux échecs. "La première fois c’était trop profond j’avais de l’eau jusqu’au cou".

La deuxième fois, il a fini interpellé par les garde-frontières : "Ils nous ont crié de retourner de l’autre côté en repassant par l’eau". Il décide alors d’abandonner : "On ne veut pas rester ici. Je n’ai rien, coté Grèce il nous a pris l’argent, donc on est obligé de retourner à Istanbul. Peut-être qu’un jour Dieu va nous permettre de rentrer en Europe"

"On espère qu’un jour ça ira mieux, c’est une question de temps"

Le lendemain, Moussa prépare ses affaires à toute vitesse. Grâce à l’aide d’un autre migrant, iranien, il a réussi à acheter un ticket de bus pour Istanbul : "On espère qu’un jour ça ira mieux, c’est une question de temps".

Quelques heures plus tard il est enfin arrivé à Istanbul. Moussa espère toujours vivre un jour en Europe et y travailler pour venir en aide à sa famille restée en Afrique.

Marie Monier avec NIcolas Traino (avec Guillaume Dussourt)