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Bombardement d'un hôpital à Alep: "Viser les médecins et les hôpitaux, c'est un crime de guerre"

Le plus grand hôpital des quartiers rebelles d'Alep a été frappé par des bombardements du régime samedi.

Le plus grand hôpital des quartiers rebelles d'Alep a été frappé par des bombardements du régime samedi. - Thaer Mohammed - AFP

De nouveaux bombardements ont frappé samedi le plus grand hôpital des quartiers rebelles d'Alep en Syrie. Une situation dénoncée par les associations et les militants des droits de l'Homme qui manifestaient samedi devant l'ambassade russe à Paris.

Une centaine de manifestants, membres d'associations ou anonymes s'étaient réunis samedi sur le trottoir face à l'ambassade de Russie à Paris. Une manifestation pour dénoncer notamment les campagnes de bombardements aériens menés par le régime de Damas et son allié russe, qui depuis fin septembre ont accentué leurs frappes sur Alep, tenue en partie par les rebelles. Brandissant t-shirts maculés de sang et photos représentant l'horreur en Syrie, les manifestants crient leur colère scandant "Poutine assassin". En une semaine, les combats ont fait plus de 350 morts à Alep. Pour les manifestants, le massacre doit cesser.

"Je crois qu'il est grand temps de dire qu'on a conscience de ce qui est en train de se passer, souligne la députée européenne EELV Karima Delli. Si on ne fait rien, ça va être encore plus dramatique."

Certains militants pour la paix sont mobilisés depuis le début de la guerre comme Zahia, une franco-syrienne. Mais avec les années qui passent, la lassitude gagne du terrain. "En cinq ans, on est passé par tous les sentiments. On ne sait plus si c'est de la tristesse, de l'indignation, de la colère. On n'arrive plus à le définir", explique cette militante.

Les hôpitaux "cible privilégiée du régime"

Malgré les efforts diplomatiques pour obtenir un cessez-le-feu en Syrie, les bombardements se sont accentués ces derniers jours. Pour la deuxième fois cette semaine, le plus grand hôpital des quartiers rebelles d'Alep a été bombardé par les forces du régime. D'après la Syrian American Medical Society, ONG qui gère l'hôpital touché, des patients et des personnels soignants se trouvaient dans le bâtiment lorsque deux barils d'explosifs l'ont frappé. Mercredi déjà, deux hôpitaux des mêmes quartiers avaient été touchés par des bombardements aériens. S'attaquer aux infrastructures médicales est devenue une stratégie du régime contre les rebelles estime le docteur Anas Chaker, porte-parole de l'Union des organisations de secours et des oins médicaux (UOSSM). Son association apporte secours et soins médicaux aux populations en Syrie, mais il est devenu extrêmement difficile aux personnels médicaux d'effectuer leur mission.

"Depuis le début de la crise syrienne, les médecins et les soignants ont été une cible privilégiée du régime syrien. On déplore plus de 800 personnes, médecins et soignants, morts depuis 20011. Les gens ne peuvent plus aller à l'hôpital, l'hôpital est devenu l'endroit où on peut mourir facilement. C'est un massacre à huis clos. Viser les médecins et les hôpitaux, c'est un crime de guerre", souligne-t-il. 

De son côté, le chef des opérations humanitaires de l'ONU Stephen O'Brien a alerté sur la situation humanitaire dans la deuxième plus grande ville syrienne. D'après lui, le "système de santé dans l'est d'Alep a été presque réduit à néant".

C. B avec Antoine Boyer