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Brésil: les familles déchirées par la campagne présidentielle entre Bolsonaro et Lula

Un pays fracturé. Le Brésil va voter ce dimanche pour élire son nouveau président. Entre Bolsonaro et Lula, la bataille fait rage. Entre leurs soutiens aussi et jusque dans les familles brésiliennes, qui se déchirent sur fond de politique.

Le Brésil sous tension. Le pays est à deux jours du second tour d’une élection présidentielle capitale opposant le président sortant d'extrême-droite Jair Bolsonaro à l'ex-président de gauche Lula, en tête à l’issue du premier tour avec 48,3% des voix contre 43,2% pour le sortant.

Les deux candidats n'ont pas convaincu lors du premier débat de l'entre-deux-tours mais ils ont une nouvelle occasion pour défendre leur programme, ce vendredi soir. Leur objectif: tenter de convaincre un pays plus que jamais polarisé, fracturé, divisé, à l’approche du scrutin.

Débats en familles...

Au sein même des familles, les tensions sont à leur paroxysme. Dans une favela de Santa Maria (Rio de Janeiro), RMC a rencontré Sarah. Elle a 26 ans et choisira Lula, dimanche, parce qu’elle se dit “incapable de voter pour un président machiste, bourré de préjugés homophobes et qui s’est moqué du Coronavirus”.

En face d’elle, son père, José Carlos, soutient Bolsonaro et défend le président sortant coûte que coûte: “Je l’ai déjà vu faire des accolades à des homosexuels.” “Ça c’est pendant les périodes de campagnes. Bolosonaro fait ce que les gens veulent voir. En réalité, il l’a dit de nombreuses fois: ‘je n’aime pas les gays’”, lui rétorque sa fille. “Bolsonaro n’est peut-être pas politiquement correct, mais on n’a jamais entendu parler de corruption de sa part”, lui répond son père.

...jusqu'au ras-le-bol

Mais père et fille finissent par s’accorder sur un point: “Chacun à son libre arbitre et choisit pour qui voter.” Si le sujet est grave, ils n’en perdent pas moin leur humour, Sarah proposant, en plaisantant, à son père de “l’enfermer à la maison” pour le second tour.

Mais les blagues ne font plus rire la mère de famille, Salete. Elle vit mal ces tensions et ne veut plus entendre parler de politique.

"J’ai exclu des amis de groupes WhatsApp et de mon entourage. J’ai écarté des gens de ma vie”, confie-t-elle.

Comme sa fille, dimanche, elle votera Lula.

Caroline Philippe à Rio de Janeiro (avec MM)