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Carola Rackete, capitaine du Sea Watch, entendue ce lundi par la justice italienne

Un juge du parquet italien doit interroger Carola Rackete, deux jours après son arrestation sur le port de Lampedusa. La jeune femme de 31 ans a été placée sous contrôle judiciaire et assignée à résidence ce weekend.

Héroïne pour les uns, "emmerdeuse" et "criminelle" pour le ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini, la capitaine allemande du Sea Watch, Carola Rackete, s'est dit prête à aller en prison pour défendre une cause qu'elle estime "juste". 

Elle doit être entendue ce lundi par la justice italienne. Elle risque la prison pour avoir accosté de force dans la nuit de vendredi à samedi dans le port de Lampedusa et forcé le blocus imposé par Matteo Salvini aux navires humanitaires secourant des migrants en Méditerranée.

Sur les réseaux sociaux, ses soutiens s'organisent. Pétitions, collecte de dons: deux cagnottes ont été mises en ligne, à elles deux elles cumulent plus d'un million d'euros.

Sur la page Facebook de la cagnotte mise en ligne pour payer ses frais de justice, les commentaires des internautes, en anglais, italien, français, sont unanimes, tous saluent le courage de la jeune capitaine allemande. Sabine, enseignante à la retraite, a participé sans hésiter à la collecte de dons : "C’est juste un réflexe d'être humain. C'est une fille super courageuse et il faut que tout le monde soit solidaire avec elle".

"Carola est une très bonne capitaine, extrêmement professionnelle"

En quelques jours, Carola Rackete est devenue le symbole des drames humanitaires en Méditerranée. Dans une interview donnée dimanche, elle justifie sa décision: "Ce n'était pas un acte de violence, seulement de désobéissance", insiste-t-elle. Pour Juliette, officier de marine et bénévole à bord du Sea Watch, la capitaine allemande a rempli son devoir de marin: "Carola est une très bonne capitaine, extrêmement professionnelle. Elle a fait ce que tous les marins devraient faire: ne pas laisser des gens se noyer alors qu'on est au courant qu'il y a des gens qui se noient en Méditerranée. J'espère que la justice s'en rendra compte".

Carola Rackete est aujourd'hui accusée de résistance à un bateau militaire. Un délit passible de 10 ans de prison en Italie. Le Ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini espère qu'elle sera lourdement sanctionnée: "C'est un acte criminel, un acte de guerre, comme je l'espère la prison sera confirmée, le cas échéant elle sera placée dans le premier avion pour Berlin".

Depuis un an, l'Italie refuse systématiquement l'ouverture de ses ports aux bateaux humanitaires. Cinq pays européens dont la France se sont engagés à accueillir l'ensemble des rescapés du Sea Watch.

Marie Monier avec Paulina Benavente