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Catalogne: "L'indépendance, c'est dangereux pour tout le monde"

L'indépendance de la Catalogne pourrait être déclarée par le Parlement catalan d'ici la fin de la semaine. Mais beaucoup de Catalans y sont opposés -49,4% contre, 41% pour-, d'après un sondage commandé par le gouvernement catalan.

Ils appartiennent à ce qu'on appelle ici la majorité silencieuse. Les anti-indépendance représentent pourtant la moitié de la population, il sont même plus nombreux que les indépendantistes selon un sondage récent commandé par le gouvernement catalan. 49,4% des Catalans seraient opposés à l'indépendance (contre 41,1%).

Cette majorité s'exprime peu alors que le président de la Catalogne Carles Puigdemont affirme que l'indépendance pourrait être proclamée "d'ici la fin de la semaine", après le référendum interdit de dimanche. Alexandre, franco-espagnol, qui travaille dans le secteur touristique se pose beaucoup de questions sur une éventuelle indépendance: "Ce n'est pas clair, on nous promet des choses, mais il n'y a pas de chiffres. On nous vend le fait que ça va être le nouveau Danemark, mais ça va être la nouvelle Serbie. On ne va pas récupérer que l'argent, il y aussi les dettes. Et qui va payer les retraites, qui va payer le chômage?"

"Nous sommes à l'intérieur de l'Europe, on ne peut pas se le permettre"

Car si la Catalogne est la région la plus riche d'Espagne, au coude-à-coude avec Madrid, elle est aussi très endettée. Pour les chefs d'entreprise comme Ignacio, membre du principal syndicat patronal catalan, l'indépendance est impossible: "Bien sûr que c'est dangereux pour tout le monde, pour les entreprises et les employés, pour le pays entier. L'euro, c'est notre monnaie, nous sommes à l'intérieur de l'Europe, on ne peut pas se le permettre. L'indépendance, c'est vraiment une ineptie".

Indépendante, la Catalogne risquerait de se retrouver en dehors de la zone euro, la région subirait un appauvrissement brutal selon le gouvernement espagnol.

L'Espagne attend ce mercredi une intervention du gouvernement en Catalogne après que le roi Felipe VI a déclaré que l'Etat devait assurer l'ordre constitutionnel dans cette région dont les dirigeants "prétendent proclamer illégalement l'indépendance".

Aurélia Manoli et Bettina de Guglielmo (avec P.B.)