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Des navires de guerres britanniques contre la pêche et des commandes de champagne qui s'envolent mais toujours pas d'accord sur le Brexit

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Faute d'accord sur le Breit, la Grande-Bretagne pourrait mettre en place des droits de douanes et des quotas sur les produits venus de l'Union européenne.

L'offre des Européens en vue d'un accord post-Brexit a été jugée "inacceptable" par Londres samedi soir. Les négociations, difficiles, se poursuivent ce dimanche à Bruxelles a cependant annoncé Ursula von der Leyen.

Parmi les points de désaccord entre les négociateurs, le sujet de la pêche est très sensible. Samedi les Britanniques ont décider de poster quatre navires de la Royal Navy pour empêcher des chalutiers de l'UE de pénétrer dans les eaux britanniques, très poissonneuses, au cas où il n'y aurait pas d'accord.

Autre point de crispation qui inquiète, l'exportation d'alcool et notamment de vins et de champagne. La Grande-Bretagne est un marché stratégique pour les vignerons français alors que les producteurs de Champagne sont au milieu de leur période la plus chargée de l'année.

Deux fois plus de commandes de champagne

Plus de 27 millions de bouteilles de Champagne sont expédiées chaque année en Grande-Bretagne, le premier marché à l'export en volume. Voilà pourquoi Antoine Chiquet, des champagnes Gaston Chiquet, suit de très près l'évolution des négociations: "On est dans l'incertitude. On va avoir des difficultés, il va y avoir des droits de douane mais je compte sur l'amour de notre breuvage pour que nos amis anglais continuent à acheter notre champagne".

Tous les producteurs ne sont pas aussi optimistes. Delphine Colin, responsable de l'export de la maison Colin, établie en Champagne depuis près de 2 siècles, a déjà pris les devants avec ses clients britanniques: "Ils ont commandé deux fois plus que prévu pour avoir des stocks d'avance et être prêt pour les trois prochains mois et ne pas subir le Brexit de plein fouet".

Mais cette double commande ne suffira pas à compenser les pertes liées à la crise sanitaire: "2020 portait bien son nom pour les vins mais finalement ça n'a pas été une bonne année", déplore-t-elle. En attendant les fêtes, les maisons Chiquet et Colin tablent toutes les deux sur une baisse de leurs ventes comprises entre -10 et -20% cette année.

Victor Joanin (avec Guillaume Dussourt)