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Destitution de Donald Trump: "Les électeurs pourraient en avoir marre et sanctionner les démocrates"

Pour Jean-Éric Branaa, spécialiste des États-Unis, une destitutions semble "peu probable", et l'acharnement démocrate pourrait même les desservir.

Le procès de Donald Trump a débuté mardi au Sénat américain où s'affrontent l'opposition démocrate qui réclame la destitution du président des Etats-Unis, et la majorité républicaine déterminée à l'acquitter, si possible au pas de course.

Les démocrates reprochent à Donald Trump d’avoir demandé au président ukrainien d’ouvrir une enquête dans le but d’embarrasser celui qui reste d’être son opposant politique majeur dans la course à la Maison Blanche, Joe Biden. Il est également soupçonné d’avoir abusé de son pouvoir, ayant retenu de l’argent du congrès destiné à l’Ukraine en demandant à ce que l’enquête ne soit pas ouverte.

La destitution "peu probable" ?

Pour autant, la destitution reste "peu probable", estime ce jeudi sur RMC Jean-Eric Branaa, spécialiste des États-Unis et chercheur associé à l’Iris, alors que le Sénat américain est en majorité républicain. Et Donald Trump, pourtant décrié par certaines personnalités de son camp, continue de bénéficier du soutien de 90% des électeurs républicains.

Et la tentative de destitution pourrait même servir les intérêts de Donald Trump qui se plaint d’une "chasse aux sorcières", à son encontre : "Si on regarde objectivement, il y a un peu une ‘chasse aux sorcières’, vu comment on parle sans arrêt de ‘destitution’, le mot le plus prononcé dans le monde politique américain depuis que Donald Trump est élu", estime Jean-Eric Branaa.

"On essaye de s’en débarrasser avec la destitution, on a essayé de s’en débarrasser aussi avec le 25e amendement en disant qu’il était fou ou sénile. On lui a tout fait et aujourd’hui il peut dire 'regardez ils n’y sont pas arrivés, mais ils essaient encore', alors que ce jeu peut continuer jusqu’à l’élection présidentielle. Et les électeurs pourraient en avoir marre et sanctionner les démocrates", conclu Jean-Éric Branaa.

Guillaume Dussourt