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Déterminé à "laver son honneur", Carlos Ghosn dit n'avoir "pas eu d'autre choix" que de fuir le Japon

L'ancien PDG de Renault-Nissan a clamé son "innocence" mercredi, et s'est dit décidé à "laver son honneur", lors de sa première apparition publique à Beyrouth depuis sa fuite rocambolesque du Japon, où il est accusé de malversations financières.

Première apparition publique pour Carlos Ghosn depuis sa fuite du Japon. L’ex-PDG de Renault-Nissan a donné une conférence de presse ce mercredi en début d’après-midi.

Le magnat déchu de l'automobile Carlos Ghosn a affirmé mercredi n'avoir "pas eu d'autre choix" que de fuir le Japon où il est inculpé notamment pour malversations financières, accusation qu'il a qualifiée de "sans fondements" lors de sa première apparition publique à Beyrouth.

S'exprimant près de deux semaines après son arrivée au Liban devant plus d'une centaine de journaliste, l'ancien PDG de Renault-Nissan a déclaré qu'il était "présumé coupable" au Japon, pays dont il avait déjà fortement dénoncé le système judiciaire.

"Je n'ai pas fui la justice, j'ai échappé à l'injustice et à la persécution"

Carlos Ghosn a clamé son "innocence" mercredi, et s'est dit décidé à "laver son honneur": "J'ai été arraché à ma famille et mes proches", a déclaré l'ancien capitaine d'industrie de 65 ans, qui s'exprimait pour la première fois depuis son arrivée le 30 décembre au Liban, devant un parterre de quelque 150 journalistes méticuleusement choisis par son équipe de communication.

S'il a prévenu qu'il n'était pas "là pour raconter comment (il) a fui le Japon", le récit de cette fuite rocambolesque tient en haleine les médias et a suscité l'ouverture d'enquêtes au Japon et en Turquie, où M. Ghosn - détenteur des nationalités française, libanaise et brésilienne - a fait escale.

"Je n'ai pas fui la justice, j'ai échappé à l'injustice et à la persécution", a-t-il martelé en anglais - après avoir également parlé en arabe et français -, affirmant se présenter devant les médias pour "laver son honneur".

Carlos Ghosn fait l'objet de quatre inculpations au Japon: deux pour abus de confiance aggravé et deux pour des revenus différés non déclarés aux autorités boursières par Nissan (aussi poursuivi sur ce volet), notamment des montants qu'il devait toucher après sa retraite estimés par la justice à 9,23 milliards de yens (74 millions d'euros) de 2010 à 2018.Les autorités japonaises ont dénoncé une évasion "injustifiable", tandis que le groupe automobile Nissan l'a qualifiée d'"extrêmement regrettable". 

Thomas Chupin