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Explosions à l'aéroport de Kaboul: "aucun soldat, policier ou diplomate français engagé" selon l'ambassadeur, rappelé à Paris

L'ambassadeur français en Afghanistan, David Martinon, appelle à se mettre à l'abri "de toute urgence".

Au moins 5 morts et une dizaine de blessés ont été emmenés dans un hôpital de Kaboul après des explosions à l'aéroport de la capitale afghane, où ont lieu les opérations d'évacuation des Afghans voulant fuir leur pays.

Selon un premier bilan, des Américains sont parmi les victimes de l'"attentat", précise les Etats-Unis. Le porte-parole du Pentagone, John Kirby, avait auparavant indiqué que deux explosions avaient eu lieu à proximité de l'aéroport, dont l'une était "le résultat d'une attaque complexe qui a débouché sur un certain nombre de victimes américaines et civiles".

"À tous nos amis afghans: si vous êtes près des portes de l'aéroport, éloignez-vous de toute urgence et mettez-vous à l'abri. Une deuxième explosion est possible", a d'abord écrit l'ambassadeur français en Afghanistan, David Martinon, avant d'indiquer dans un second message qu'aucun soldat, policier ou diplomate français n’avait été engagé jeudi à Abbey Gate" à l'aéroport de Kaboul, près du lieu où est survenue une explosion.

L'ambassadeur de France en Afghanistan "opèrera depuis Paris" d'ici quelques jours pour des questions de sécurité, a par ailleurs indiqué mercredi le président français Emmanuel Macron. 

"Compte tenu des conditions de sécurité, l'ambassadeur français ne restera pas pour le moment en Afghanistan", a-t-il indiqué à Dublin, où il se trouvait pour une visite de travail. Il restera ambassadeur (...). Par contre, pour des raisons sécuritaires, il opèrera depuis Paris". 

Dans la nuit, les États-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni avaient émis simultanément des mises en garde très précises et presque identiques sur des menaces d'"attentat terroriste" dans la zone de l'aéroport, à l'approche de la date butoir prévue pour le retrait des forces américaines d'Afghanistan, le 31 août.

"20 bus dans la file d'attente"

L'opération française actuelle en Afghanistan s'achèvera totalement vendredi soir, échéance après laquelle "on ne peut plus procéder aux évacuations à partir de l'aéroport de Kaboul", a annoncé jeudi le Premier ministre français Jean Castex. Cette date-butoir est "imposée par les Américains" dont le dispositif, essentiel à la sécurité de l'aéroport, se retirera définitivement le 31 août.

Après cette attaque de jeudi, la France va tenter d'évacuer encore "plusieurs centaines" d'Afghans de Kaboul, a déclaré jeudi le président Emmanuel Macron, ajoutant que Paris faisait "le maximum" pour y arriver mais sans garantie en raison de la situation sécuritaire "extrêmement tendue" à l'aéroport.

"Au moment où nous nous parlons, nous avons 20 bus avec des ressortissants binationaux et (des) Afghans que nous souhaitons pouvoir rapatrier (..) Cela représente plusieurs centaines de personnes en danger encore", a-t-il dit lors d'un déplacement à Dublin. "Plusieurs de ces bus sont dans la file d'attente qu'il y a dans la zone à l'extérieur de l'aéroport". 

Il a assuré que la France ferait "le maximum pour que toutes ces personnes que nous avons pu prendre en charge mais qui ne sont pas arrivées dans l'enceinte de l'aéroport militaire puissent y accéder et être ensuite évacuées vers les Emirats arabes unis et la France".

Mais il ajouté: "je ne peux pas aujourd'hui vous garantir que nous arriverons à procéder à ces opérations, parce que la situation de sécurité n'est pas sous notre contrôle".

La rédaction de RMC avec AFP