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Fuite mystérieuse de Carlos Ghosn: les confessions d'un de ses amis sur RMC

Dimanche dernier, Carlos Ghosn a rejoint le Liban. Pourtant, l'ex-PDG de Renault-Nissan est toujours sous le coup d'une assignation à résidence au Japon où il devait être jugé en 2020 notamment pour malversations financières. Invité de RMC ce mercredi matin, Philippe Riès, ami de Carlos Ghosn, témoigne.

Coup de tonnerre dans l'affaire Carlos Ghosn: l'ex-PDG de Renault-Nissan, qui préparait son procès en liberté conditionnelle au Japon, a confirmé mardi se trouver au Liban d'où il promet de parler "librement" aux médias, provoquant la consternation à Tokyo.

Il aurait rejoint l’aéroport de Beyrouth dans un avion en provenance de Turquie. Une histoire encore floue même si le ministre des Affaires Étrangères libanais a indiqué que Carlos Ghosn était "entré légalement au Liban".

Invité de RMC ce mercredi matin (voir vidéo complète ci-dessus), Philippe Riès, ami de Carlos Ghosn et ancien directeur du bureau de l’AFP à Tokyo, a expliqué avoir eu "brièvement" l’homme d’affaires au téléphone ces dernières heures et estime que son ami est victime d'une "chasse à l'homme" de la part des autorités japonaises. "Il est traité comme un terroriste ou un criminel", déplore-t-il.

"Cette affaire est très embarrassante pour le Japon"

Pour lui, "la justice japonaise est ridiculisée". "Je sais que le gouvernement japonais était très divisé sur ce sujet. Il n’y avait pas du tout d’unanimité sur le bien-fondé de l’opération menée pour déboulonner Carlos Ghosn. C’est l’initiative d’une partie du gouvernement japonais avec la complicité active, voire même l’initiative, de certains dirigeants de Nissan. Cette affaire est très embarrassante pour le Japon, elle donne une image assez catastrophique du pays auprès de la communauté des affaires".

"Il lutte pour sa vie, sa réputation, sa famille. C’est le combat de sa vie"

Philippe Riès plaide en faveur de son ami et explique les raisons de sa fuite. "Carlos Ghosn a 65 ans, rappelle-t-il. Le procès peut durer 5 ans car il y a 4 chefs d’accusation et le procureur peut en rajouter à chaque moment. C’est-à-dire que l’instruction n’est jamais clause. Il risque 10 à 15 années de prison il serait donc sorti à plus de 80 ans".

"Même pour un coupable, subir un fonctionnement d’un système digne d’un pays totalitaire est très difficile. Il lutte pour sa vie, sa réputation, sa famille. C’est le combat de sa vie, imposé par des gens qui lui devaient le redressement de Nissan et la construction du premier constructeur automobile mondial qui employait 470.000 personnes. Le bilan social de l’alliance Renault-Nissan est magnifique".

Mais alors comment expliquer, sans complicité, qu’il ait pu réussir à s’échapper d'un pays comme le Japon. S’il ne connaît pas la réponse à la question que beaucoup de monde se pose, Philippe Riès tente, de par son vécu, d’y voir plus clair.

"Le Japon - pays dans lequel j'ai vécu 10 ans - combine une formidable efficacité dans certains domaines et une incroyable inefficacité et incompétence dans d’autres domaines. Donc j’imagine qu’il a exploité certaines failles dans le fonctionnement de ce pays".

"Nous avions élaboré des fuites possibles du Japon"

Il confirme que "sa femme a joué un grand rôle" depuis le début de l'affaire. Il raconte également "qu’au début de cette affaire, avec le petit groupe d’amis et de gens qui ont travaillé avec Carlos Ghosn, nous avions élaboré des fuites possibles du Japon". Des scénarios qui, détaille-t-il, avait été pensés sans avertir le principal concerné.

Maxime Trouleau