RMC

Hong-Kong: la Chine promet "le feu" à ceux qui "jouent avec le feu"

Depuis lundi dernier, une grève générale paralyse Hong-Kong. Nouvelle escalade dans les manifestations qui opposent forces de l'ordre et les anti-gouvernement. La Chine n’est pas restée sourde et promet "le feu" à ceux qui "joue avec le feu". Une menace inquiétante.

À Hong Kong, la foule continue de protester durement contre le pouvoir en place, jugé pro-Pékin. Cela dure maintenant depuis plus de deux mois et une grève générale, débutée lundi, paralyse la ville. Les manifestants demandent toujours la démission de la cheffe de l’exécutif Carrie Lam, soutenue par la Chine.

Face à cette contestation, l’état hongkongais a arrêté pas moins de 148 personnes rien que pour la journée de lundi. Pékin, relativement peu bavard pendant les premières semaines de conflits, se montre désormais beaucoup plus ferme. "Ceux qui jouent avec le feu périront par le feu", a-t-elle même lancé ce mardi.

"La menace doit être prise au sérieux"

"Intervenir par le feu" quand on connait la Chine, on sait ce que cela veut dire, prévient François Godement, conseiller pour l’Asie à l’institut Montaigne. Chacun se rappellera ce qu'il s’est passé à Tian'anmen. Cela reste une menace très forte en cas de continuation des manifestations".

Pour lui "le gouvernement chinois ne peut pas se permettre cette perte de face très longtemps. Il doit garder sa capacité de dissuasion, parce que c’est une dictature. Par conséquent, il agira. La menace doit donc être prise au sérieux". 

"J’espère que l’on ne renoncera pas"

Les anti-gouvernement vont-ils alors se montrer moins violents? S’il se dit "inquiet" pour ses proches restés là-bas, Harry (le prénom a été modifié, ndlr), hongkongais qui vit et travaille à Paris, les soutient depuis la France. "J’espère que l’on ne renoncera pas", clame-t-il. "Malgré les bâtons de policiers, ils continuent de lutter pour protéger la ville. Cela m’a touché. Si on renonce à manifester à cause d’une éventuelle intervention de la Chine, on ne retrouvera jamais l’élan de solidarité que l’on connaît en ce moment".

Pendant une conférence de presse, tenue par des manifestants, ces derniers ont rappelé que "la quête de la démocratie, de la liberté et de l’égalité est pour chaque citoyen un droit inaliénable. Nous appelons le gouvernement à ne pas exterminer ce droit". Reste désormais à savoir si le message sera entendu.

Juliette Pietraszewski (avec Maxime Trouleau)