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"Il y a l'inconnu devant nous": l'appréhension des Algériens après la démission de Bouteflika

Abdelaziz Bouteflika a adressé ses "adieux" aux Algériens dans une lettre dans laquelle il demande "pardon". Désormais, c'est l'incertitude qui inquiète une partie de cette famille algérienne rencontrée par RMC.

Du soulagement à l'appréhension. Dès l'annonce de la démission de Bouteflika mardi soir, Karima et son mari Lakhdar ont allumé la télévision. Ils n'ont presque pas dormi de la nuit, incapables de trouver le sommeil: "Ces événements, on les vit d'heure en heure. Il y a une situation nouvelle qui fait qu'il y a l'inconnu qui est devant nous". 

La crainte de la violence

Un inconnu porteur d'espoirs les plus fous. Mais aussi d'une certaine appréhension:

"Il y a eu des pays, comme la Syrie, où justement les gens sont sortis, avaient marre d'une dictature d'un président. Après ça a été récupéré et c'est devenu l'horreur. C'est ça qui fait peur" redoute Karima.

Les stigmates de leur propre histoire, celle de l'Algérie, persistent encore. Le traumatisme de la guerre civile et de la violence est redouté:

"C'est viscéral. Chaque vendredi, quand la marche se termine et qu'il y a rien, je suis heureuse. Je me dis 'ouf un vendredi de passé', tout se passe bien". 

"Il faut juste ne pas avoir peur"

Face à ces angoisses, il y a la jeunesse. Son fils, Nadir, la trentaine d'années, est l'un des seuls à savoir trouver les mots pour la rassurer: "Je lui dit que les jeunes sont super pacifiques, qu'il y a quand même des gens très mûrs. Il faut juste ne pas avoir peur. 

Comme une grande partie de la jeunesse, Nadir n'a jamais vraiment eu peur. Ce saut dans l'inconnu ne lui évoque que de l'espoir.

Nicolas Ropert et Marie Régnier