RMC

Iran: trois morts lors des protestations contre le décès d'une jeune femme détenue

Trois personnes ont été tuées durant des protestations au Kurdistan iranien, après le décès d'une jeune femme détenue, annonce un responsable, ce mardi 20 septembre 2022. Cette dernière avait été arrêtée par la police des moeurs.

Trois personnes ont été tuées durant des manifestations au Kurdistan iranien, déclenchées par le décès d'une jeune femme détenue par la police des moeurs, a annoncé, ce mardi 20 septembre 2022, un responsable de la province.

Mahsa Amini, âgée de 22 ans et originaire de la région du Kurdistan (nord-ouest), a été arrêtée le 13 septembre à Téhéran où elle était en visite avec sa famille, pour "port de vêtements inappropriés" par la police des moeurs, une unité chargée de faire respecter le code vestimentaire strict de la République islamique d'Iran pour les femmes.

Une vague de colère dans tout le pays

Après son arrestation, la jeune femme est tombée dans le coma et est décédée le 16 septembre à l'hôpital. Des militants affirment qu'elle a souffert d'une blessure à la tête alors qu'elle était en détention. La police iranienne a rejeté ces accusations et une enquête a été ouverte.

Le décès de Mahsa Amini a suscité une vague de colère dans le pays, où des manifestations ont éclaté au Kurdistan, puis à Téhéran et dans d'autres régions d'Iran.

Depuis, de nombreuses vidéos circulent sur les réseaux sociaux où l'on voit des femmes retirer et brûler leur foulard.

Face à la colère provoquée par cette mort, le représentant du guide suprême Ali Khamenei au Kurdistan, Abdolreza Pourzahabi, s'est rendu lundi au domicile familial de Masha Amini, selon l'agence Tasnim. De hauts responsables iraniens ont également critiqué la police des moeurs, connue officiellement sous le nom de Gasht-e Ershad, ou "patrouille d'orientation".

Trois morts "suspectes"

"Afin d'éviter la répétition de tels cas, les méthodes utilisées par ces patrouilles d'orientation (...) devraient être revues", a affirmé le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf à l'agence officielle IRNA.

Lors d'une conférence de presse, Ismail Zarei Koosha, gouverneur du Kurdistan, a qualifié ces trois morts lors des manifestations de "suspectes, faisant partie d'un complot fomenté par l'ennemi". Il a aussi affirmé que l'une des victimes avait été tuée par un type d'arme non utilisé par les forces iraniennes.

AB avec AFP