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L'avocat de Carlos Ghosn sur RMC: "Il est dans des conditions de détention inhumaines et dégradantes"

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Maître François Zimeray, l’un des avocats français de Carlos Ghosn était l’invité de la matinale de Jean-Jacques Bourdin ce lundi 8 avril. Il est revenu sur la nouvelle incarcération de son client et dénonce ses conditions de détention.

Arrêté un mois après sa remise en liberté, Carlos Ghosn restera en garde à vue au Japon jusqu'au 14 avril au moins pour répondre à de nouveaux soupçons de malversations financières.

Carlos Ghosn est déjà sous le coup de trois inculpations: deux pour déclarations inexactes de revenus sur les années 2010 à 2018, dans des documents remis par Nissan aux autorités financières, et une pour abus de confiance.

Il est notamment accusé d'avoir tenté de faire couvrir par la compagnie des pertes sur des investissements personnels lors de la crise économique de 2008.

"Il est allongé le soir, à partir de 21 heures, il n’a pas le droit de lire ou d’écrire"

Sur RMC, François Zimeray, son avocat en France, dénonce les pratiques de détention japonaises, qu'il juge "extrêmement difficiles".

"Il est en garde à vue. La garde à vue au Japon est très particulière parce que vous n’avez pas accès à un avocat. Vous pouvez être interrogé 8 heures par jour. Et comme ce fut le cas pendant plusieurs mois, il est allongé le soir, à partir de 21 heures, il n’a pas le droit de lire ou d’écrire. Il est obligé d’avoir la tête découverte, de jour comme de nuit. Ce sont des conditions d’incarcération extrêmement difficiles".

"Neuf jours pendant lesquels il se peut qu’il ne sorte pas une minute de sa cellule"

"Le choc carcéral est toujours quelque chose d’extrêmement difficile, mais particulièrement au Japon": dénonce l’avocat de l’ancien PDG de Renault-Nissan. Car, aux conditions de vie difficiles s’ajoutent, des obligations carcérales très contraignantes.

"Le week-end et les jours fériés, il ne peut pas sortir. L’office international des prisons, dit qu’il faut au moins une heure de promenade par jour. Au Japon c’est une demi-heure mais pas du tout les jours fériés et les week-ends. Là au mois d’avril, il y a à Tokyo ce qui s’appelle la ‘golden week’. C’est neuf jours fériés d’affilés. Neuf jours pendant lesquels il se peut qu’il ne sorte pas une minute de sa cellule. Donc ça, ce sont des conditions que les Nations Unies comme toutes les grandes organisations de défense des droits de l’Homme ont jugé inhumaines et dégradantes".
Bourdin Direct (avec Caroline Petit)