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L'Espagne devient le 6e pays du monde à légaliser l'euthanasie

LOUIS VA PLUS LOIN - En Espagne, la loi visant à légaliser l’euthanasie a été adoptée jeudi au Parlement. L’Espagne devient le sixième pays au monde à le faire.

Il y avait les Pays Bas, la Belgique, le Luxembourg, le Canada, la Nouvelle Zélande, et il faut donc y ajouter l’Espagne. L’Assemblée a approuvé la mesure jeudi à une très large majorité, dans un concert d’applaudissements, la majorité de gauche debout, certains élus les larmes aux yeux.

Le texte prévoit donc la dépénalisation de l’euthanasie et du suicide assisté. Dans le premier cas, c’est le soignant qui provoque la mort du patient, à sa demande. Dans le second, c’est le malade lui-même qui prend la dose prescrite par son médecin.

Des pratiques qui seront quand même strictement encadrées

Il faudra que la personne qui souhaite en finir soit espagnole ou réside à plein temps dans le pays, qu’elle formule sa demande à l’écrit, au moins deux fois, à quinze jours d’intervalle, et qu’elle souffre d’une maladie grave et incurable provoquant d’atroces souffrances.

La requête devra ensuite être validée par une commission médicale, et tout professionnel de santé aura le droit de se mettre en retrait de la procédure si elle heurte ses convictions profondes. Autant de garde-fous qui n’ont pas atténué la colère de l’église catholique, toujours très influente en Espagne. "L’euthanasie est une forme d’homicide, l’Etat devient responsable de la mort", s’est indignée la Conférence épiscopale espagnole.

Et en France, où en est-on sur ce sujet ?

Rien n’a bougé depuis 2016 et la loi Clayes Leonetti. Elle autorise, dans certains cas très spécifiques l’arrêt des traitements et la sédation profonde jusqu’au décès, mais ni l’euthanasie ni le suicide assisté ne sont aujourd’hui légaux.

Cependant ce dossier revient dans l’actualité, à la faveur de plusieurs propositions de loi déposées par des élus de tous bords, à l’Assemblée nationale et au Sénat. Certains, comme la socialiste Laurence Rossignol, souhaitent aller jusqu’à l’euthanasie, d’autres, comme le député de la majorité Jean-Louis Touraine, préfèrent s’en tenir au suicide assisté.

Mais l’adoption de ces propositions semble improbable d’ici un an et la fin de la mandature. D’autant que l’on ne sait pas vraiment ce que pense Emmanuel Macron. En mars 2017, durant sa campagne, il avait d’abord plaidé pour une application stricte des textes déjà existants, avant d’ajouter "mais moi, je souhaite choisir ma fin de vie". Le "et en même temps", encore et toujours… 

Louis Amar (avec J.A.)