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Malgré leurs efforts pour s'intégrer, Jawid et Mariam, réfugiés afghans, craignent leur expulsion

Le projet de loi "Asile et Immigration" doit être présenté mercredi en Conseil des ministres. Les objectifs sont de traiter les demandes d’asile plus rapidement, renvoyer plus et plus vite, et, en contrepartie, octroyer des titres pluriannuels à quelques catégories limitées de migrants... Certains réfugiés, malgré leurs efforts, risquent un départ pour un pays qu'ils ne connaissent pas.

Malgré leurs efforts pour s'intégrer, certains migrants sont actuellement soumis à des mesures d'expulsions, en vertu des procédures complexes de l'UE. En témoigne le cas de Jawid et Mariam Barati. Ces réfugiés afghans sont frère et sœur âgés de 27 et 31 ans, ils ont dû quitter leur pays sous la menace de Talibans.

Depuis mai dernier, ils sont assignés en résidence dans le Var et sont hébergés solidairement depuis novembre chez une retraitée à Six-Fours-les-Plages. S'ils ont ainsi appris quelques mots de français, "quatre fois par semaine" explique Jawid, ils risquent d’être expulsés. Mais pas vers leur pays d'origine. 

"Ils ont lâché des chiens sur nous"

Passés par l’Iran puis la Turquie, ils sont entrés en Europe par la Bulgarie en novembre 2016 où leurs empreintes ont été relevées et où ils risquent d’être expulsés désormais, selon la procédure "Dublin III". Un pays dont ils gardent un très mauvais souvenir:

"La police bulgare m’a frappé plusieurs fois lors de nos tentatives pour franchir la frontière en venant de Turquie, ils ont aussi lâché des chiens sur nous" confie Jawid. 

"Ce sont des personnes que la France peut être fière d'accueillir"

Ayant épuisé toutes leurs voies de recours, ils appréhendent leur prochain rendez-vous en préfecture prévu dans 8 jours :

"Nous avons peur parce que nous sommes fatigués de cette situation. Nous voulons seulement vivre en France comme n’importe quelle autre personne ici". 

Marga Wolff, la retraitée qui les héberge depuis novembre dernier, partage leur désarroi: "Ils font des efforts, ils sont parfaits. Leur attitude, leur discrétion, la politesse: ce sont vraiment des personnes que la France peut être fière d'accueillir... mais ils ont perdu la confiance".

Lionel Dian et X.A