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Mauvaise photo, "mentalité colonialiste"... Le torchon brûle entre Macron et Bolsonaro sur les feux en Amazonie

L'incendie qui ravage la forêt s'est transformé ces dernières heures en crise internationale

En 48h, 2500 nouveaux départs de feux recensés en Amazonie. Et la tension est montée d'un cran entre Emmanuel Macron et Jair Bolsonaro. Le président brésilien n'a pas du tout apprécié le tweet posté dans la soirée par le chef d'Etat. 

Ce sont trois lignes qui ont mis le feu aux poudres: "Notre maison brûle. Littéralement. C'est une crise internationale. Membres du G7, rendez-vous dans deux jours pour parler de cette urgence". Voilà ce qu'a écrit Emmanuel Macron jeudi soir. Son tweet est malencontreusement illustré d'une image d'incendie prise par un photographe... décédé en 2003.

"Ton sensationnaliste"

La réplique de Jair Bolsonaro ne tarde pas. Le président brésilien reproche à Emmanuel Macron de poster de fausses photos, mais surtout d'avoir une "mentalité colonialiste dépassée" en appelant les grands dirigeants à discuter de ces incendies ce week-end à Biarritz.

Dans un second tweet, le climato-sceptique Jair Bolsonaro, accuse Emmanuel Macron "d'instrumentaliser une question intérieure au Brésil avec un ton sensationnaliste, qui ne contribue en rien à régler le problème".

Le président brésilien conclut, en disant qu'il reste ouvert au dialogue, mais sur la base de faits objectifs et du respect mutuel. 

75.336 feux de forêt

Bolsonaro avait participé à une réunion de crise en soirée à Brasilia. En matinée, il avait lancé une nouvelle charge contre les défenseurs de l'environnement, qui ont appelé à des manifestations vendredi dans le monde.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a déclenché la salve d'appels à sauver l'Amazonie en se disant sur Twitter "profondément préoccupé" par les incendies sévissant dans la plus vaste forêt tropicale du monde, dont 60% se trouvent en territoire brésilien.

"En pleine crise climatique mondiale, nous ne pouvons accepter davantage de dégâts sur une source majeure d'oxygène et de biodiversité", a écrit Antonio Guterres, réclamant que l'Amazonie soit "protégée".

Si l'avancée des feux dans la plus vaste forêt tropicale de la planète était très difficile à évaluer, l'Institut national de recherche spatiale (INPE) a fait état de près de 2.500 nouveaux départs de feu en l'espace de 48 heures dans l'ensemble du Brésil. La déforestation, qui avance rapidement, est la principale cause des départs de feu.

D'après l'INPE, 75.336 feux de forêt ont été enregistrés dans le pays de janvier jusqu'au 21 août - soit 84% de plus que sur la même période de l'an dernier - et plus de 52% concernent l'Amazonie. 

Benjamin Smadja avec Xavier Allain