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Nicolas Sarkozy est-il un justiciable comme les autres? Ça fait débat sur RMC

Nicolas Sarkozy a passé la nuit en garde à vue. Il est soupçonné d'avoir reçu illégalement des millions d'euros de la Libye de Mouammar Khadafi pour financer sa campagne de 2007. A droite, certains responsables politiques dénoncent un acharnement judiciaire.

Nicolas Sarkozy a passé la nuit en garde à vue dans les locaux de l'Office anti-corruption à Nanterre. L'ancien président de la République est soupçonné d'avoir reçu illégalement des millions d'euros de la Libye de Mouammar Khadafi pour financer sa campagne de 2007.

Dans la famille politique de Nicolas Sarkozy, on dénonce un acharnement. C'est notamment le cas du patron des Républicains, Laurent Wauquiez:

Même son de cloche chez le député Les Républicains du nord Sébastien Huygue:

"Mettre un ancien président de la République en garde à vue, c'est assez choquant parce que la mesure est infamante. Or, Nicolas Sarkozy s'est toujours présenté devant la justice quand on le lui a demandé. Il n'y avait pas de risque à ce qu'il se sauve à l'étranger, donc véritablement il aurait pu être auditionné sous le statut de 'l'audition libre, ça aurait pu durer aussi longtemps. Je pense qu'il y a une volonté de ternir l'image de Nicolas Sarkozy. On peut mener une enquête en étant très respectueux des personnes et de leur réputation".

Mis en examen en 2014

Pourquoi une garde à vue plutôt qu'une audition libre comme pour son ex-bras droit Brice Hortefeux? Deux statuts proches mais deux réalités juridiques différentes. La garde à vue est mise en œuvre s'il existe des raisons plausibles qu'une personne a commis ou tenté de commettre un crime ou un délit, il n'y a pas ce critère pour l'audition libre qui permet à la personne convoquée de partir à tout moment.

L'acharnement judiciaire, c'est un refrain connu: Sébastien Huygue criait déjà à l'acharnement en 2014, lorsque Nicolas Sarkozy était mis en examen dans l'affaire des écoutes dont la procédure judiciaire est toujours en cours. Autre mise en examen pour l'ancien président, deux ans plus tard, pour un autre dossier: le financement illégal de sa campagne de 2017, l'affaire Bygmalion dont la procédure toujours en cours.

A l'époque, 80% des Français estimaient que Nicolas Sarkozy était "un citoyen comme les autres face à la justice" qui doit "faire son travail".

Victor Joanin (avec P.B.)