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Papiers, titre de séjour... Le casse-tête administratif des Britanniques vivant en France à cause du Brexit

Situation confuse pour les Britanniques vivant en France. Avec le Brexit, de nombreux résidents français voient leur situation sérieusement se compliquer administrativement.

Le Royaume-Uni s’apprête à dire "Bye" à l ‘Union Européenne. Le Parlement européen doit ratifier ce mercredi l’accord sur le Brexit, plus de 3 ans après le vote en faveur du "Leave" des Britanniques. Le texte a déjà été voté au Royaume-Uni, et validé par la reine d’Angleterre. Le Brexit est plus proche que jamais : le 31 janvier, dans 2 jours, le Royaume-Uni quittera l’UE.

Conséquence : les Britanniques vivant en France ne seront plus considérés comme ressortissants de l'UE. Pour eux, la situation va devenir problématique.

En cas de retrait avec accord, les ressortissants britanniques pourront circuler en France jusqu’à la fin de la période de transition, au plus tôt le 31 décembre 2020, et auront jusqu’au 31 juillet 2021 pour obtenir ou renouveler leur titre de séjour. En cas d’absence d’accord de retrait, ils seront soumis à des contrôles lors des passages aux frontières et devront demander un titre de séjour.

Nous avons rencontré en Dordogne un Britannique qui a vu sa demande de naturalisation française ajournée. Il doit ainsi attendre 2021 pour la demander à nouveau, malgré avoir passé plus de la moitié de sa vie en France.

"J'ai toujours payé des charges. Je pense en français, je rêve en français, je mange français"

Dans une maison au milieu de la forêt, Mark vit avec sa compagne et ses quatre enfants français. Pour ce charpentier né à Londres, aucun doute, son foyer est ici, dans le Périgord.

"La première fois que je suis venu, j'avais trois mois. Ca fait 27 ans que j'habite ici."

Devenu membre du conseil municipal, il n’a pas obtenu la nationalité française. Ses revenus d’artisan sont trop instables selon la préfecture. Incompréhensible pour Mark.

"Je suis très déçu, je n'ai jamais demandé de l'aide sociale. J'ai toujours payé des charges. Je pense en français, je rêve en français, je mange français."

Sa compagne Camille l’aide dans ses démarches, et elle aussi s’interroge.

"C'est un sentiment d'injustice. On a fait une demande de titre de séjour, et en fait c'est le flou total. On ne sait pas après le 31 légalement, il est sans-papiers ? On ne sait pas."

"Il y a même des gens qui ont proposé de m'adopter!"

Pour régulariser sa situation, une pétition a récolté plusieurs dizaines de milliers de signatures. Une solidarité que Mark ressent dans son village.

"Il y a même des gens qui ont proposé de m'adopter", s'amuse-t-il. "Les gens sont fantastiques, ça me fait vraiment chaud au coeur. Et ça montre pourquoi je suis ici."

Naturalisation ou pas, Mark veut continuer sa vie à Plazac.

Romain Cluzel (avec J.A.)