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Tensions en Algérie: quelles issues possibles au conflit?

Après une semaine de manifestations contre le 5e mandat de Bouteflika, il y aurait trois issues au conflit selon Pierre Vermeren, professeur à Paris-I Panthéon Sorbonne et spécialiste du Maghreb.

Des dizaines de milliers d'Algériens dans la rue vendredi pour dire "non" au maintien au pouvoir d'Abdelaziz Bouteflika. Leurs mots d'ordre: "Non à un cinquième mandat" et "Boutéflika dégage". Le président sortant au pouvoir depuis 1999 entend en effet se représenter à l'élection présidentielle dont le premier tour est prévu le 18 avril. 

L'octogénaire qui se trouvait vendredi encore dans un hôpital à Genève doit remettre le dossier de candidature demain dimanche au conseil constitutionnel. Le 10 février dernier, l'annonce de cette candidature pour un cinquième mandat a déclenché une vague de protestations sans précédent depuis 20 ans en Algérie. Depuis le 22 février, les manifestations se multiplient ... et vendredi, elles ont connu un succès inédit.

"Le but des manifestants pour le moment est surtout d'obtenir le changement de candidat officiel"

Ces tensions vont-elles précipiter la chute du président ? Selon Pierre Vermeren, professeur à Paris-I Panthéon Sorbonne et spécialiste du Maghreb, il y a trois issues à ce mouvement. 

"Soit le président Bouteflika revient, dépose sa candidature et l'élection se déroule. S'il ne peut pas revenir la question se posera de savoir qui mettre à la place, comme son ancien ministre des Affaires étrangères ou d'autres. Il y aura un candidat 'officiel' mais qui ne serait plus le même.
La troisième option serait celle de manifestations qui dégénéreraient. On n'y est pas. Le but des manifestants pour le moment est surtout d'obtenir le changement de candidat officiel."
Claire Checcaglini (avec James Abbott)