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Trump joue l'apaisement: le spectre d'une guerre avec l'Iran s'éloigne-t-il vraiment?

"L'Iran semble reculer, ce qui est une bonne chose pour toutes les parties concernées et une très bonne chose pour le monde", a lancé le milliardaire républicain depuis la Maison Blanche. Didier Billion, directeur adjoint de l'Iris, était l'invité de RMC.

Le président américain Donald Trump a joué mercredi la carte de l'apaisement après des tirs de missiles iraniens sur des bases abritant des soldats américains en Irak, se félicitant que Téhéran "semble reculer" et se disant prêt à la paix.

S'il a annoncé l'imposition immédiate de nouvelles sanctions économiques contre la République islamique, il n'a pas évoqué de réponse militaire, éloignant pour l'heure le spectre d'une escalade même si la tension reste palpable et de nombreuses questions en suspens.

"L'Iran semble reculer, ce qui est une bonne chose pour toutes les parties concernées et une très bonne chose pour le monde", a lancé le milliardaire républicain depuis la Maison Blanche lors d'une allocution d'une dizaine de minutes au ton plutôt mesuré.

L'opération "Martyr Soleimani" a été lancée par l'Iran au beau milieu de la nuit en représailles à l'élimination par Washington du général Qassem Soleimani à Bagdad. Selon le Pentagone, 11 missiles tirés par l'Iran ont touché la base aérienne de Aïn al-Assad (ouest) et un celle d'Erbil (nord), où sont stationnés certains des 5.200 soldats américains déployés en Irak. Téhéran avait de son côté parlé de 22 missiles. 

"La crise est devant nous"

"Aucun Américain n'a été blessé dans les attaques de la nuit dernière", s'est félicité d'entrée le président américain lors de son discours. Le tempétueux locataire de la Maison Blanche n'a pas présenté d'initiative diplomatique mais conclu par un message à l'adresse du peuple iranien et de ses dirigeants: "Les Etats-Unis sont prêts à la paix avec tous ceux qui la veulent".

Selon Didier Billion, directeur adjoint de l’Iris sur RMC, "La crise est devant nous, le bras de fer continue(...). Aucune des questions fondamentales n’a été réglée, la pression se poursuit".

Selon l'expert, les dirigeants iraniens savaient très bien ce qu'ils faisaient avec cette attaque: "Les Iraniens sont profondément humiliés de l’assassinat ciblé du général Soleimani. Mais Téhéran s'est montré raisonnable: tout cela était très bien calculé et n'ont pas cherché à faire des dizaines de morts. Ils savent bien que le rapport de force militaire n'est pas en leur faveur".

"Limiter les actes militaires du président à l'égard de l'Iran"

Au Congrès américain, nombre d'élus démocrates ont continué à dénoncer la frappe militaire "disproportionnée et provocatrice" ayant visé Qassem Soleïmani et l'absence de consultation préalable avec les élus.

"Nos inquiétudes n'ont pas été levées" a déclaré Nancy Pelosi, chef des démocrates, en annonçant que la Chambre des représentants se prononcerait jeudi sur un projet de loi visant à "limiter les actes militaires du président à l'égard de l'Iran". 

Le texte a d'abord une dimension symbolique, car il a peu de chances d'être adopté au Sénat, contrôlé par le camp républicain. Le chef du Pentagone Mark Esper a continué mercredi à défendre ce raid ayant selon lui "rétabli un certain niveau de dissuasion" vis-à-vis de l'Iran.

La rédaction de RMC (avec AFP)