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Ivano: "Ma fille et mes petits-enfants sont partis pour le jihad"

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- - Al Barak News - AFP

Une famille de 11 personnes a quitté Nice il y a une dizaine de jours, soupçonnées d'être partis faire le jihad en Syrie. Le grand-père, resté en France, raconte sa détresse et son incompréhension, ce jeudi chez Jean-Jacques Bourdin.

Ils auraient quitté Nice il y a 10 jours pour faire le jihad en Syrie. 11 personnes, hommes, femmes, enfants, tous membres d'une même famille. Parmi eux, une femme enceinte et un bébé de 6 mois. Le groupe, composé de sept adultes et de quatre enfants, serait parti avec deux voitures jusqu'en Grèce. Là, ils auraient pris un bateau direction la Turquie. Selon les dernières nouvelles envoyées à leur proches, le groupe viendrait de se séparer: les femmes et les enfants auraient traversé la frontière alors que les hommes seraient toujours côté turc. Les parents restés en France, sont désemparés.

"Ma fille a dit à une copine qu'elle était en Syrie"

Ivano Sovieri, père d'Andréa, une des jeunes femmes de la famille partie avec son mari et ses deux enfants de 4 et 6 ans, a accepté de témoigner ce jeudi chez Jean-Jacques Bourdin. La semaine dernière, Ivano est tombé des nues lorsqu'il a constaté la disparition de sa fille et de ses petits-enfants. "Je me suis aperçu un jour en allant à l'école qu'ils n'étaient plus là. Nous sommes allés au commissariat de Nice où j'ai vu la chef de la DCRI qui m'a soutenu qu'Oussama, le compagnon de ma fille, était connu et surveillé", raconte-t-il. "J'ai eu des nouvelles dimanche. Ma fille a dit à une copine qu'elle était en Syrie".

"On me dit: ils sont en voyage, on ne peut rien faire"

"Après j'ai fait mon enquête, poursuit Ivano. On a amené des preuves, des photos récupérées sur Twitter qui montrent qu'ils sont en Turquie. On a averti nous-mêmes l'ambassade de France en Turquie, et ils n'étaient pas au courant. Je ne comprends pas comment, en amenant des preuves, (les autorités françaises) n'ont pas au moins averti l'ambassade en Turquie. Ils n'étaient même pas signalés. On me dit que c'est une disparition, que ce sont des gens qui partent en voyage, qu'on ne peut rien faire". "Je ne comprends pas que mes neveux aient pu suivre pratiquement tout leur parcours sur Twitter et qu'on n'ait pas pu les arrêter", s'étonne-t-il.

Après le départ de sa fille et de ses petits-enfants, Ivano s'est souvenu : "Le petit de 6 ans avait dit à sa grand-mère qu'il devait partir faire le jihad avec son père. On ne l'a pas cru à l'époque".


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P. Gril avec C. Andrieux et JJ. Bourdin.