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J’ai arrêté la pilule: l’impact de cette bombe hormonale sur mon corps était beaucoup trop grand

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La pilule contraceptive est légalisée depuis 50 ans. Mais elle serait désormais boudée par les femmes, surtout chez celles de moins de 30 ans. Margot, traductrice, explique à RMC.fr pourquoi elle a décidé de se passer de ce qui était considéré il n’y a pas si longtemps comme un outil de libération de la femme.

Margot, 29 ans, traductrice, a décidé d’arrêter la pilule.

"J’ai pris la pilule pendant 11 ans. J’ai commencé à la prendre à 16 ans, et j’ai arrêté à 27 ans. Je la tolérais très mal. J’en ai tenté trois, et aucune ne me convenait. Normalement il y a un bilan sanguin tous les six mois pour voir si tout va bien. Déjà ça, c’est contraignant. Et au bout de six mois avec ma première pilule, au premier examen, j’avais un taux de cholestérol que mon grand-père n’avait jamais atteint! C’était hallucinant et c’était directement lié à cette prise de pilule.

La deuxième pilule qu’on m’a prescrite était donc micro-dosée. Mais pendant six mois, mon cycle s’est inversé: j’avais mes règles trois semaines par mois, et j’étais tranquille une semaine. Mon corps ne tolérait pas ces hormones, j’avais des saignements en permanence. La troisième et dernière pilule que j’ai prise, elle aurait pu me convenir. Mais avec celle-là je n’avais plus du tout mes règles. Selon ma gynéco, c’est médicalement normal, mais selon moi ça ne l’est pas: l’impact sur mon corps était beaucoup trop grand. Certaines filles recherchent cette absence de règles mais moi non, j’ai dit stop. 

Normalement, la pilule ne doit pas être prescrite à des femmes qui fument, car il y a un risque accru d'AVC. Mais les gynécos acceptent de la prescrire quand même: les filles veulent absolument la prendre, du coup le gynéco leur répond que c’est à leurs risques et périls. En fait, j’ai réalisé à un moment que ce qu’on se mettait dans le corps, c’était clairement de la merde. Ce sont des hormones, ça n’a rien de naturel, ce n’est pas normal.

"Les contraintes de la pilule, je ne vois donc pas pourquoi j’irai me les infliger de nouveau"

En terme de libération de la femme, arrêter la pilule, je ne vois pas ça comme un retour en arrière. Il y a aussi d’autres solutions, comme le stérilet. Cela fait trois ans que je m’en suis fait poser un. Même si j’ai beaucoup plus de douleurs à l’approche des règles, il est posé, il est en place et je n’y pense pas. Je ne flippe pas de l’oublier. Quand on part en voyage, le décalage horaire je m’en fous. Les contraintes de la pilule, je ne vois donc pas pourquoi j’irais me les infliger de nouveau.

Jusqu’à maintenant, on assumait le côté ‘bombe hormonale’. Mais chez une certaine catégorie de nanas, la défiance s’est répandue. Celles qui sont intéressées par ce qu’il se passe à l’intérieur de leur corps et qui veulent avoir un mode de vie plus sain. Parmi mes amies qui ont aussi arrêté, on essaye de manger bio, par exemple, on ne se jette pas sur les plats cuisinés… C’est toute une démarche, peut-être un peu bobo, mais il y a une volonté de dire que maintenant, on sait quels sont les dangers, on sait qu’il y a d’autres possibilités".

Propos recueillis par Antoine Maes